"Il y a une corruption généralisée de la démocratie" dans l’Occident miné par la "guerre culturelle"

© AFP 2022 Saul LoebПрезидент США Барак Обама подмигивает, рассказывая анекдот о месте своего рождения во время ужина Ассоциации корреспондентов Белого дома в Вашингтоне, 2012 год
Президент США Барак Обама подмигивает, рассказывая анекдот о месте своего рождения во время ужина Ассоциации корреспондентов Белого дома в Вашингтоне, 2012 год  - Sputnik Afrique, 1920, 10.11.2021
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Vivons-nous un bouleversement des clivages politiques? L’écrivain Philippe-Joseph Salazar revient pour le Désordre mondial sur l’affrontement idéologique entre les élites progressistes et le camp anti-establishment.
Barack Obama a récemment critiqué la notion de divisions idéologiques. "L’heure est grave et nous avons besoin de gens sérieux. Nous avons trop à faire pour revenir en arrière", a déclaré l’ancien Président américain.
"Nous essayons de nous remettre d’une pandémie mondiale qui a tué plus de 700.000 Américains et mis des millions de personnes en danger. Nous n’avons pas de temps à perdre avec de fausses guerres culturelles ou de faux scandales que les médias de droite ne colportent que pour faire monter leur audience."
Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, la classique ligne de fracture droite-gauche n’est plus le principal clivage politique au sein des sociétés occidentales. Elle a depuis été remplacée par l’opposition entre ceux qui adhèrent au discours de l’establishment sur les problèmes clés de nos sociétés et les challengers sceptiques de ce statu quo.
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C’est donc fort de café qu’Obama fustige maintenant les guerres culturelles qu’alimente depuis longtemps la propagande de l’establishment qu’il propage depuis longtemps. Vous ne pouvez pas réciter le catéchisme mondialiste de gauche et recevoir l’onction du mouvement anti-establishment, désormais dominé par la droite politique.

Le débat d’idées est-il mort?

L’establishment lui-même est désormais largement devenu synonyme de gauche progressiste. Ainsi, quand Obama accuse la droite d’alimenter des guerres culturelles qu’il qualifie de "fausses", il ne fait que protéger la gauche qui domine l’establishment. Ainsi, par extension, il protège l’ordre actuel à Washington et dans le monde qui a tellement nui aux citoyens des classes ouvrières et moyennes des pays occidentaux.
Pourquoi le débat politique actuel semble-t-il réduit à néant partout en Occident et comment les nouvelles idées peuvent-elles émerger? Philippe-Joseph Salazar, professeur à la faculté de droit du Cap en Afrique du Sud et auteur du livre La déroute des idées: Appel à la résistance (Éd. Piranha), livre son analyse sur l’état actuel des régimes politiques occidentaux:
"Il y a une corruption généralisée de la démocratie, aussi bien par les grandes entreprises que la classe politique et la bureaucratie. Je plains la jeune génération, parce qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils sont face à un monde politique en démocratie."
Le rhétoricien explique comment le combat pour imposer son vocabulaire est utile à un camp idéologique pour imposer ses vues, particulièrement quand l’autre camp déserte ce combat. Un combat rhétorique auquel s’est abondamment livré l’ancien Président américain Barack Obama:
"Le mot diversité a été complètement remanufacturé par la gauche. C’est l’un des éléments de la guerre culturelle qu’elle mène aux autres depuis des années, mais voilà que les conservateurs français sont incapables de réfléchir au lien qu’il y a entre leur obsession de l’État et la nécessité de la diversité entre les communautés. Tout cela est lié à un impératif de propriété et de liberté."
Même des concepts qui semblent universels sont susceptibles d’être manipulés si un camp de rencontre pas d’opposition intellectuelle solide, explique Salazar:
"En démocratie, on a une conception “laissez-passer” de la liberté. Ce n’est pas ça la liberté."
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