Contrepied: quand Véran affirmait que le pass sanitaire ne serait pas lié à une troisième dose

© AP Photo / Ludovic MarinOlivier Véran durant un point presse à propos du Covid-19
Olivier Véran durant un point presse à propos du Covid-19 - Sputnik Afrique, 1920, 10.11.2021
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Emmanuel Macron a annoncé qu’une troisième dose deviendra indispensable pour prolonger le pass sanitaire des seniors. Olivier Véran avait pourtant promis l’exact contraire fin août.
La dernière allocution d’Emmanuel Macron a encore fourni du grain à moudre à ses adversaires, notamment à ceux qui pensent que le gouvernement va de reniements en reniements.
Le chef de l’État a en effet déclaré que le pass sanitaire sera désormais conditionné à une troisième dose de vaccin pour les plus de 65 ans. À partir du 15 décembre, les seniors pourront donc voir leur pass désactivé s’ils n’ont pas effectué de rappel et que leur deuxième dose remonte à plus de sept mois.
Le ministre de la Santé avait pourtant assuré en août que cette situation ne se produira pas. Lors de son traditionnel point presse, Olivier Véran avait clairement décorrélé rappel vaccinal et pass sanitaire.
"Il n’y aura pas d’impact de la troisième dose sur le pass sanitaire. Que vous alliez prendre votre rappel ou non, vous garderez le bénéfice du pass sanitaire", assurait alors le ministre.
Les internautes n’ont pas tardé à exhumer les propos du ministre. Le changement radical de direction de l’exécutif a été vivement critiqué sur les réseaux sociaux. L’ancien numéro 2 du RN, Florian Philippot, reproche au gouvernement de gouverner par le "mensonge".
Le conditionnement du pass à la troisième dose ne fait d’ailleurs pas l’unanimité au sein de la communauté scientifique. L’Académie de médecine s’y était opposée fin octobre, déclarant dans un communiqué que cela transgressait "le rôle dévolu au passe sanitaire qui était de limiter le risque de transmission".
L’institution se demandait également si la démarche ne ferait pas peser l’"incertitude sur l’efficacité de la vaccination".

Spécialistes de l’enfumage?

Cette nouvelle volte-face du gouvernement vient s’ajouter à une liste déjà bien fournie d’errements et de rétropédalages. La communication chaotique de l’exécutif durant la crise sanitaire a en effet été souvent pointée du doigt.
Des erreurs qui ont d’ailleurs coûté sa tête à Sibeth Ndiaye, ancienne porte-parole du gouvernement, qui avait entre autres déclaré début 2020 que les masques "n’étaient pas nécessaires pour tout le monde" et pouvaient même s’avérer "contre-productifs". Elle a également été la risée des réseaux sociaux, expliquant qu’elle ne savait pas "utiliser un masque", car cela nécessitait des "gestes techniques précis".
Ces propos lui avaient d’ailleurs valu de passer devant une commission d'enquête du Sénat. Elle n’avait cependant pas été la seule à patauger au sujet des masques, puisqu’Olivier Véran avait tenu sensiblement le même discours en début d’épidémie.
Le ministre de la Santé, qui semble être devenu un spécialiste du retournement de veste, s’était également opposé à plusieurs reprises à l’extension du pass sanitaire.
"L'idée ce n'est pas de fliquer les gens, de les trier. Je suis contre le pass sanitaire dans les restos, contre le pass sanitaire pour confier ses gamins à l'école", lâchait-il en juin dernier au média Konbini.
Le responsable s’était également contredit en mars à propos du vaccin d’AstraZenaca, affirmant que celui-ci ne sera pas suspendu, quelques jours avant qu’il ne le soit. Le Premier ministre Jean Castex avait commis la même bourde, 24 heures avant la suspension du vaccin controversé.
Ces gaffes à répétition font désormais le bonheur des réseaux sociaux, où les compilations des contradictions gouvernementales fleurissent.
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