Pour résoudre la crise migratoire, la Russie propose à l’UE d’aider la Biélorussie

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La frontière entre la Biélorussie et la Pologne (archive photo) - Sputnik Afrique, 1920, 09.11.2021
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Face à la crise migratoire inédite à la frontière biélorusso-polonaise, Varsovie appelle à sanctionner les responsables de "cette horrible attaque hybride". Moscou renvoie pour sa part la balle dans le camp de l’UE, l’appelant à aider Minsk qui réfute toute accusation d’orchestration de cette crise.
L’escalade se poursuit à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne où se trouvent côté biélorusse plus de 2.000 migrants, selon Minsk. La tension monte également sur le champ diplomatique, faisant réagir la Pologne, ses voisins baltes, mais aussi la Russie et les États-Unis.

"Tous les individus et entités impliqués dans cette horrible attaque hybride doivent être sanctionnés immédiatement", a twitté le ministère polonais des Affaires étrangères le 8 novembre.

La diplomatie lettonne s’est solidarisée avec la Pologne et exhorte l’UE à avancer sur le sujet des sanctions.
La Russie propose, elle, à Bruxelles d’aider Minsk afin de régler cette crise, comme ça a été le cas pour la Turquie il y a quelques années.

"Hier, lors de discussions politiques on disait: "Pourquoi lorsque les flux migratoires passaient par la Turquie, l'UE a alloué des fonds pour qu'ils restent sur le sol turc. Pourquoi est-il impossible d'aider les Biélorusses de même manière?"", s’interroge le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ce 9 novembre.

"Faute d’argent et de moyens"

Depuis plusieurs mois, la Biélorussie est critiquée par ses voisins baltes, ainsi que par la Pologne, qui lui reprochent d’organiser une crise migratoire en orientant des flux d’immigrés clandestins. Des accusations rejetées par Minsk.
Le Président biélorusse a quant à lui déclaré qu’il ne freinera plus le transit de migrants cherchant à rallier l’Europe, "faute d’argent et de moyens", suite aux sanctions décidées par Bruxelles après sa réélection controversée. De plus, les gardes-frontières biélorusses ont dénoncé à plusieurs reprises l'expulsion forcée de migrants par la Lituanie, la Pologne et la Lettonie vers le territoire biélorusse.

Sanctions élargies

De son côté, Bruxelles évoque un possible élargissement des sanctions.

"J’appelle les pays membres à enfin approuver le régime des sanctions élargies contre les autorités biélorusses responsables de cette attaque hybride", a réagi le 8 novembre Ursula von der Leyen dans un communiqué.

La présidente de la Commission européenne dit également étudier comment sanctionner les compagnies aériennes de pays tiers qui transportent des migrants en Biélorussie: "L'UE étudiera en particulier les moyens de sanctionner, notamment par le biais d'une liste noire, les compagnies aériennes de pays tiers actives dans la traite d’êtres humains".
La Présidente de la Commission européenne assure que les hauts responsables de l’UE, elle comprise, se rendront "dans les prochains jours" dans les principaux pays d'origine et de transit de ces migrants "pour veiller à ce qu'ils agissent pour éviter que leurs propres ressortissants ne tombent dans le piège tendu par les autorités biélorusses".

Instrumentalisation des migrants

Charles Michel, Président du Conseil européen, a lui parlé de "tentative d'instrumentalisation des migrants" que Bruxelles n’acceptera pas.
Une position semble-t-il partagée par les États-Unis. Le porte-parole du Département d’État, Ned Price, a insisté sur "l’exploitation politique du régime de Loukachenko et la contrainte des personnes vulnérables".
"Nous allons continuer à faire pression sur Loukachenko. Les États-Unis sont aux côtés de la Pologne et de ses partenaires européens face à la menace d'actions inacceptables de la Biélorussie", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse le 9 novembre.

Le profil de migrants

Pour sécuriser la frontière avec son voisin, Varsovie déploie des unités antiterroristes qui s’ajouteront aux quelque 12.000 militaires déjà sur place, a déclaré le 8 novembre à la télévision polonaise Maciej Wonsik, vice-ministre de l’Intérieur.
Quant au profil des migrants, le vice-ministre polonais des Affaires étrangères Marcin Przydacz, intervenant le 8 novembre sur CNN, a indiqué que la plupart viennent d’Irak, à qui on a dit qu'une fois qu'ils franchiront la frontière avec la Biélorussie, ils seront directement transportés vers l'Allemagne.
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