Le nucléaire français est prêt à bâtir de nouveaux EPR, selon EDF

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Le secteur nucléaire français sera en capacité de construire de nouveaux réacteurs de type EPR dans le respect des coûts et des calendriers si la France prend une décision dans ce sens, a estimé lundi EDF lors d'un bilan d'étape du plan d'amélioration des performances de la filière.
Ce bilan du plan "excell" intervient alors qu'Emmanuel Macron a fait savoir mi-octobre qu'il se prononcerait prochainement sur l'opportunité de construire de nouveaux réacteurs nucléaires en France, ce qui pourrait se traduire par le lancement de six nouveaux EPR.
"La filière se transforme et sera prête", a déclaré lors d'une conférence de presse Alain Tranzer, délégué général à la qualité industrielle et aux compétences nucléaires d'EDF, responsable du plan "excell".
"(Il y aura) suffisamment de marges en termes de coûts et de planning sur le premier réacteur pour être certains qu'on ne se raconte pas la bonne aventure, pour être certains que nous saurons tenir ce qui a été dit, et puis (il y aura) une courbe d'apprentissage sur les réacteurs qui suivent", a-t-il ajouté.
Lancé fin 2019, le plan "excell" vise un renforcement de la qualité industrielle et des compétences de la filière nucléaire française, ainsi qu'une amélioration de la gouvernance des grands projets, à la suite d'un rapport d'audit de Jean-Martin Folz analysant les dérapages successifs de coûts et de délais de l'EPR de Flamanville (Manche).
Selon Alain Tranzer, le délai nécessaire pour gérer des aléas a déjà été divisé par quatre sur le chantier de l'EPR britannique d'Hinkley Point entre le troisième trimestre 2020 et le troisième trimestre 2021.
La construction de réacteurs nucléaires de nouvelle génération pourrait permettre à la France d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 à un coût "maîtrisable" a estimé fin octobre RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité.
Dans la foulée, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a fait savoir que la décision politique de construire ou non de nouveaux EPR en France serait prise "rapidement".
Le gouvernement avait auparavant renvoyé cette décision après la mise en service de l'EPR de Flamanville 3, soit après un chargement du combustible programmé fin 2022 selon le dernier calendrier fourni par EDF.
Estimé à trois milliards d'euros lors de l'annonce du projet en 2004, l'EPR de Flamanville devait initialement entrer en service en 2012. Selon les dernières estimations en date, annoncées en octobre 2019, le coût de construction de cette "tête de série" est prévu à 12,4 milliards.
Les soudures défectueuses les plus problématiques du projet ont toutes été réparées et le réacteur est aujourd'hui "sur sa trajectoire" pour un chargement du combustible fin 2022, a déclaré Alain Tranzer lundi.
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