Hollande "n’a pas un enthousiasme débordant pour" Hidalgo, même s’il la soutient, dit un politologue

© Photo AFPFrancois Hollande au Dîner du CRIF 2019
Francois Hollande au Dîner du CRIF 2019 - Sputnik Afrique, 1920, 07.11.2021
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Bien que François Hollande se soit récemment affiché à côté d’Anne Hidalgo en lui manifestant son soutien, l’ancien chef de l’État "n’a pas un enthousiasme débordant pour cette candidature", juge le politologue Rémi Lefebvre. Il y voit "une forme de calcul" de l’ex-Président socialiste qui reste ainsi fidèle à son parti.
Analysant le rapprochement entre François Hollande et Anne Hidalgo à quelques mois de la présidentielle 2022, le politologue Rémi Lefebvre explique auprès de Franceinfo pourquoi l’ancien chef de l’État affiche son soutien à la candidate du Part socialiste (PS).
"C’est difficile pour François Hollande de ne pas soutenir Anne Hidalgo. La question est celle du curseur de son soutien. Pour l'instant, il a un soutien incontestable mais on voit bien qu’il n’a pas un enthousiasme débordant pour cette candidature", a estimé le politologue.
Ces propos interviennent alors que la maire de Paris a été en déplacement à Tulle, fief corrézien de François Hollande, où celui-ci l’a rejointe.
"Il n’a pas vraiment ménagé Anne Hidalgo dans son dernier ouvrage et on peut supputer une forme de calcul de l'ancien Président de la République qui serait d'apparaître comme un recours, si Anne Hidalgo persistait à un niveau faible dans les sondages, il y a de l’ambigüité."
Un rapprochement "ambivalent"
Dans son livre "Affronter", François Hollande n’a en effet pas été doux envers les candidats à la présidentielle, mais pas envers Mme Hidalgo. "Je n’avais pas de raison d’être sévère à son égard. C’est une femme courageuse", commentait-il dans les colonnes de Ouest-France.
À Tulle, il a estimé qu’"Anne a encore le temps pour convaincre les Français", et celle-ci, pour sa part, s’est dite "ravie" d’avoir pu retrouver son collègue.
Rappelant que le bilan présidentiel de François Hollande était "plutôt mauvais", Rémi Lefebvre indique:
"Il est assez repoussoir pour une partie de l’électorat […]. Anne Hidalgo a par ailleurs toujours été distante à l'égard de François Hollande, donc il y a quelque chose d'un peu ambivalent dans ce rapprochement. On a l'impression qu'Anne Hidalgo ne peut pas faire l'économie de ce soutien mais que ce n'en est pas vraiment un."
Si la candidate PS a déclaré ne pas s’intéresser aux sondages, l’ex-Président a lancé à Tulle que sa position actuelle dans les baromètres était "un très bon signe".
"C’est très clairement excessif", a réagi M.Lefebvre. "Mais il a sans doute raison quand il dit que les jeux ne sont pas faits. La campagne se cristallise en janvier, c’est à ce moment-là que les choses se décantent."
"Une cacophonie à gauche"
Estimant que "le handicap principal" d’Hidalgo est "son image de parisienne", le politologue a également pointé "la droitisation du débat politique", laquelle est "incontestable".
Alors que "l’agenda politique est structuré et polarisé autour des questions comme l'immigration, la sécurité, l’islam", "il est très difficile pour une candidate de gauche dans ce contexte de se faire entendre".
"Il y a aussi une telle cacophonie à gauche qu'il est d'autant plus difficile d'exister, plein de candidats essaient de s’exprimer. L'espace politique à gauche est très concurrentiel. Et toutes ces raisons expliquent les difficultés d'Anne Hidalgo de percer dans les sondages."
Le sondage Harris Interactive pour Challenges publié le 3 novembre créditait au premier tour de la présidentielle Jean-Luc Mélenchon de 10% des intentions de vote, quelle que soit la configuration à droite, 8-9% pour Yannick Jadot et 5% pour Anne Hidalgo.
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