"Je suis en effet bourgeoise et blanche": Sandrine Rousseau insiste sur ses privilèges

© AFP 2022 PHILIPPE DESMAZESSandrine Rousseau
Sandrine Rousseau  - Sputnik Afrique, 1920, 06.11.2021
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Une campagne du Conseil de l’Europe sur "la liberté dans le voile" a été l’occasion d’un vif échange entre l’essayiste Fatiha Agag-Boudjahlat et Sandrine Rousseau sur LCP. Apparemment sous le coup de l’émotion après la polémique, l’écologistea écrit sur Twitter qu’être bourgeoise et blanche lui permettait d’avoir des privilèges.
"Je suis en effet bourgeoise et blanche. Et cela me permet d’avoir des privilèges". C’est ainsi que l’ex-candidate à la primaire écologiste Sandrine Rousseau a décidé de terminer sur Twitter son échange avec la militante féministe et laïque Fatiha Agag-Boudjahlat entamé sur La Chaîne parlementaire (LCP) au sujet de la campagne polémique du Conseil de l’Europe sur le port du voile.
Lancée le 28 octobre et retirée quelques jours après suite à de vives critiques, cette campagne sur "la liberté dans le hijab" normalisait, selon Fatiha Agag-Boudjahlat, une pratique "patriarcale, rétrograde et sexiste", alors que pour Sandrine Rousseau elle ne représentait qu’une "manière de dire que l’on peut s’habiller comme on veut en Europe".
L’essayiste a insisté sur le fait que cette campagne "complètement orwellienne" brassait "les éléments de communication girly et les éléments de langage des islamistes" et n’avait rien à voir avec le principe de diversité. Au contraire, la campagne avait pour but de masquer "une sainte trinité qu’on retrouve dans toutes les sociétés patriarcales", c’est que "la femme doit être pudique, vierge et discrète", vertus que la voile doit symboliser.
C’est par cette raison que la militante appelle "les personnes qui adorent critiquer le patriarcat blanc à déconstruire leurs privilèges de bourgeoise blanche" et à ne pas oublier qu’"il y a aussi d’autres sociétés non blanches où le patriarcat existe".
Et de s’adresser directement à Sandrine Rousseau:
"Vous défendez pour vous une dignité totale mais pour les femmes qui ne sont pas comme vous, vous dites ‘ah, c’est bon, restez à votre place dictée par le patriarcat religieux’."
Face à ces arguments, l’écologiste est pourtant restée vague. Elle a souligné qu’il y avait plein de motivations pour porter le voile, dont "l’embellissement", et s’est dite désespérée que la manière dont les femmes s’habillent soit encore un sujet de discussion. La femme politique a également laissé sans réponse une remarque de la présentatrice selon laquelle le voile était "un signe d’asservissement" dans les religions. "Les religions sont asservissements", l’a corrigé l’écologiste.
Début septembre, commentant sur Europe 1 la situation des femmes en Afghanistan et de celles qui portent le voile en France, Sandrine Rousseau a considéré le voile ainsi que la burqa comme des vêtements sexistes. Elle a pourtant souligné qu'une émancipation ne pourrait pas être obtenue par l’interdiction d’un vêtement et qu’il ne fallait pas forcer les femmes à s’émanciper mais, au contraire, leur laisser faire leur choix.

Une campagne controversée

Lancée jeudi dernier par le Programme pour l'inclusion et la lutte contre les discriminations, géré par le Conseil de l’Europe et cofinancé par l'Union européenne, cette campagne proposait des portraits de plusieurs jeunes femmes voilées sur une seule moitié de l'image. "La beauté est dans la diversité, comme la liberté est dans le hijab", disait son slogan.
Passée dans un premier temps relativement inaperçue, la campagne a fini par déclencher l'indignation ou l'incompréhension d'une bonne partie de la classe politique en France. Si Éric Zemmour a fustigé un "djihad publicitaire", l’eurodéputé François-Xavier Bellamy (LR) a dénoncé une "dérive très grave" des institutions européennes gangrenées selon lui par les lobbys islamistes.
Retirée mardi, la campagne a continué de faire polémique en France. Ainsi, Gabriel Attal a déclaré mercredi que le gouvernement français n'était "pas en accord" avec "cette démarche identitaire", qui était "à l'opposé de la liberté de convictions que la France défend dans toutes les enceintes européennes et internationales". Le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a trouvé la campagne "inacceptable" et a souligné que l'incident n'était pas "clos", car cela a révélé "le fait que des associations, des structures qui ne vont pas dans le sens des valeurs de la République réussissent à s'insinuer dans des institutions, même parmi les plus importantes comme le Conseil de l'Europe".
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