Espagne: Il simule un malaise pour permettre à des migrants de fuir lors d’un atterrissage d’urgence

© AP Photo / Bernat ArmangueUn migrant secouru par les garde-cotes espagnols
Un migrant secouru par les garde-cotes espagnols - Sputnik Afrique, 1920, 06.11.2021
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L’aéroport de Palma de Majorque a été paralysé pendant troisheures ce vendredi 5 novembre suite à l’atterrissage d’urgence d’un vol en provenance de Casablanca. Des passagers en ont profité pour prendre la fuite.
Selon El Pais, un avion effectuant la liaison entre Casablanca et Istanbul s’est posé en urgence à l’aéroport de Palma de Majorque à 20h30. Toujours selon le quotidien ibérique, un passager pris d’un coma diabétique a contraint cet avion à se poser en urgence. Il a été transporté à l’hôpital le plus proche et des examens ont finalement démontré qu’il était en bonne santé. La police espagnole a interpellé l’individu à l’hôpital pour facilitation de l’immigration illégale. Les autorités à ce stade de l’enquête, selon El Pais, pensent qu’il s’agit d’un plan organisé afin de permettre à d’autres d’entrer illégalement sur le territoire espagnol.

En effet, la personne ayant accompagnécette personne à l’hôpital a pris la fuite et demeure encore à l’heure actuelle introuvable, alors que dans le même temps 15 personnes, selon une source policière de ElMundo, en ont profité pour s’enfuir de l’avion, causant la paralysie de l’aéroport. Toujours selon El Mundo, des opérations de recherches ont été lancées par la Guardiacivil sur le tarmac de l’aéroport et par la police aux alentours de l’aéroport afin de capturer les fugitifs. Six personnes ont été arrêtées pour le moment, selon El Pais, en plus du passager faussement malade. Ce même passager a par ailleurs, toujours selon le quotidien, demandé l’asile politique.

L’Espagne, une route privilégiée par les clandestins

Il faut dire que l’Espagne est devenue avec la fermeture de la route des Balkans une destination majeure pour les migrants. Il faut cependant rappeler que les clandestins africains privilégient particulièrement cette route depuis des années puisque les enclaves de Ceuta et Melilla sont situées sur le continent africain et constituent une porte d’entrée vers l’Europe pour de nombreux migrants. Une situation qui avait entraîné un regain de tensions diplomatiques entre Madrid et Rabat au mois de mai dernier.
L’arrivée de 8.000 migrants en quelques jours à Ceuta dont 1.500 mineurs avait conduit Madrid à sévir en convoquant l’ambassadeur du Maroc. Arrancha Gonzalez Laya avait alors rappelé au diplomate que le contrôle des frontières a été et doit rester de la responsabilité partagée du Maroc et de l’Espagne. Suite à cette convocation, Rabat par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères avait alors rappelé son ambassadeur pour consultation.
Une situation qui s’est ensuite apaisée le 20 août lorsque le roi du Maroc Mohammed VI a indiqué lors d’un discours vouloir inaugurer une étape inédite dans les relations entre le Maroc et l’Espagne, reposant sur la confiance, la transparence, la considération mutuelle et le respect des engagements. Une déclaration qui avait été saluée dès le lendemain par le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez.

Des répercussions sur les relations franco-espagnoles

Ces derniers mois, l’Espagne tente de convaincre sans succès la France de rouvrir 11 postes-frontières fermés en janvier dernier. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, 31.213 personnes ont été refoulées par la France à ses frontières, soit une hausse de 146% par rapport à la même période en 2020. Selon des chiffres officiels espagnols cités par El Confidencial, près de 35.000 clandestins sont entrés sur le territoire de l’Espagne,soit 41% de plus qu’en 2020. Enfin, la France a procédé à 5.222 arrestations de clandestins entre janvier et août 2021 dans cinqdépartements frontaliers, soit 73% de plus qu’en 2020. Pour le mois d’octobre, 39 passeurs ont été interpellés contre une dizaine habituellement selon la police aux frontières. Une situation qui inquiète particulièrement les maires des villes frontalières avec l’Espagne dont celui du Perthus au micro de CNews.
"La situation s’aggrave, il n’y a pas vraiment de recours possible et cela devient très compliqué"
Thierry Thadee, maire du Perthus
De son côté, la municipalité de Cerbère a déploré au micro de France 3son impuissance face à cette situation.
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