L’ex-otage Sophie Pétronin retourne au Mali et disparaît à nouveau

© AP Photo / Mohamed SalahaAu Mali, août 2020
Au Mali, août 2020 - Sputnik Afrique, 1920, 03.11.2021
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Kidnappée en 2016, l’otage Sophie Pétronin est retournée clandestinement au Mali, malgré les mises en garde du Quai d’Orsay. Elle est à nouveau introuvable. Des recherches ont été lancées.
La controversée Sophie Pétronin a de nouveau joué avec le feu. Déjà prise en otage par des djihadistes en 2016, l’humanitaire a repris le chemin du Mali où elle semble avoir encore disparu. La direction générale de la gendarmerie malienne a lancé un appel à toutes les unités du pays pour tenter de la retrouver.
La septuagénaire avait fait plusieurs demandes de visas pour retourner sur place, toutes rejetées par le ministère des Affaires étrangères, précise Libération. Sous prétexte de "vacances, elle s’était finalement envolée en avril pour le Sénégal, pays voisin ne nécessitant pas de visas. Elle aurait par la suite passé la frontière en bus, camouflée sous des foulards, avant de se rendre à Bamako, croit savoir le quotidien.
Mis au courant de sa présence, les autorités maliennes ne s’en étaient pas formalisées, accaparées par la mise en place d’un régime de transition, après les renversements successifs des Présidents Ibrahim Boubacar Keïta et Bah N'Daw.
Pour l’heure, aucune information claire n’a filtré sur les activités de Sophie Pétronin depuis son retour au Mali ni sur l’endroit exact de sa disparition. Le message de la gendarmerie évoque sa présence dans la région de Sikasso. Une zone classée rouge par le Quai d’Orsay et "formellement déconseillée" aux étrangers, les risques d’attentats et d’enlèvements y étant "particulièrement élevés", selon le ministère des Affaires étrangères.

Une personnalité controversée

Enlevée en 2016 puis libérée quatre ans plus tard, en échange de 200 djihadistes, Sophie Pétronin avait déjà créé la polémique lors de sa libération. Convertie à l’islam et se faisant désormais appeler Maryam, elle avait pris la défense de ses ravisseurs, se refusant à les qualifier de djihadistes. Ses kidnappeurs appartenaient pourtant à un groupe affilié à Al-Qaïda*.
"Pourquoi vous les appelez djihadistes, parce qu’ils font le djihad? Vous savez ce que ça veut dire en français: +djihad+, c’est +guerre+ […] Moi, je dirais que ce sont des groupes d’opposition armée au régime", avait-elle déclaré sur RFI.
Des propos qui avaient suscité un tollé chez une partie de la classe politique française. Céline Pina, ancienne figure du Printemps républicain, l’avait notamment qualifiée de "Tatie Danielle de la prise d’otage", dans une tribune de Causeur. Elle lui avait reproché de présenter sa détention comme une "retraite spirituelle où l’on vit au bon air" et avait fustigé une "irresponsabilité qui sème le malheur".
Sur Franceinfo, l’eurodéputé Nicolas Bay (RN) avait pour sa part déclaré que la bienveillance de la septuagénaire pour les djihadistes était "une insulte insupportable à la mémoire de nos soldats".
À peine libérée, Sophie Pétronin avait déjà fait part de son désir de retourner sur place.
*Organisation terroriste interdite en Russie
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