Excès de zèle de la police dans le contrôle des pass sanitaires au restaurant?

© AFP 2022 SAMEER AL-DOUMYUn pass sanitaire (photo d'archives)
Un pass sanitaire (photo d'archives) - Sputnik Afrique, 1920, 02.11.2021
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Bien que le gouvernement trouve le pass sanitaire "utile" et "efficace", prônant même sa prolongation jusqu’à l’été, ses vérifications par la police indignent les restaurateurs et les cafetiers à Clichy-sous-Bois qui se voient sanctionner à cause de clients prêts à tout pour éviter les poursuites judiciaires.
Alors que les contrôles des pass sanitaires requis depuis le 9 août dans les bars et restaurants se poursuivent, les cafetiers et les restaurateurs à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) dénoncent une injustice. En effet, des clients n’ayant pas de pass sanitaire en règle se jouent de la réglementation et rejettent la faute sur les professionnels du secteur pour éviter les poursuites judiciaires, rapporte Le Parisien.

"Si un client présente un faux pass, je ne peux pas le savoir. Si la police vient, le contrôle et s’il n’a pas de pass sanitaire, c’est une amende de 135 euros. En revanche, s’il présente un faux pass, il risque des poursuites judiciaires. Donc, c’est vite vu. Il dit qu’il n’en a pas et ça retombe sur les commerçants", explique au quotidien Alan Aslan, porte-parole des commerçants et patron du bar-tabac Le Modern.

Il a lui-même écopé de deux amendes de 1.000 euros chacune et d’une fermeture administrative de cinq jours. Depuis sa réouverture cette semaine, le bar-tabac a choisi de ne faire que de la vente à emporter.
Il n’est pourtant pas le seul à subir les contrôles intempestifs de police. D'autres commerçants interrogés par Le Parisien ont également fait part de menaces, notamment de garde à vue, de la part de la police en cas de nouveaux contrôles de clients, comme c’est le cas pour les trois frères gérants du café Ciftlik.
Une gérante de 69 ans du café le Balajan à Clichy-sous-Bois a même été placée en garde à vue après que les policiers ont découvert que les documents de ses clients n'étaient pas en règle.

"C’est injuste. On est conscient de la maladie. On était présent pendant le confinement. On a fait preuve de solidarité", déplore Alan Aslan qui ajoute s’être entretenu avec la police pour pouvoir signaler les tricheurs sur place. "Je pense que nous aurons un minimum de dialogue avec les policiers."

La fraude au pass sanitaire

La généralisation du pass sanitaire a conduit à une hausse de la fraude. Le 23 septembre, l'Assurance maladie rapportait près de 350 procédures engagées visant quelque 270 soignants suspectés de fraude et 36.000 assurés soupçonnés d'en avoir bénéficié, indique l’AFP.
En outre, l’exécutif a mis en place un dispositif le 24 septembre pour permettre aux personnes de vérifier leur pass sanitaire en cas de craintes sur leur utilisation frauduleuse. Depuis sa mise en place, ce dispositif n’avait en date du 3 octobre pris en charge que 522 demandes, et seulement 183 QR Code avaient été révoqués, relate Le Parisien.

Un outil "utile" et "efficace"

Le Sénat souhaite néanmoins prolonger le pass sanitaire jusqu'au 28 février et limiter son utilisation à un seuil de 80% du taux de vaccination de la population par département, ce qui signifie qu'en France métropolitaine, il pourrait être levé à la mi-novembre.
Le gouvernement prônait initialement la prolongation jusqu'au 31 juillet de cet outil, jugé "utile" et "efficace" dans le contexte d’une "reprise de l'épidémie à peu près partout en Europe". Les Français sont également favorables à cette mesure. Selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro publié le 21 octobre, six Français sur dix (60%) approuvent la nouvelle prolongation du pass sanitaire "si la situation sanitaire le nécessite".
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