Des riverains interpellent Macron sur les salles de shoot d’Hidalgo

© AFP 2022 JOEL SAGETFumeurs de crack à Paris
Fumeurs de crack à Paris - Sputnik Afrique, 1920, 02.11.2021
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Paris va bientôt abriter de nouvelles salles de shoot renommées Haltes soins addiction, dont la prolongation a été approuvée le 26 octobre par l’Assemblée nationale. Une initiative qui n’est pas du goût des collectifs de riverains et associations qui appellent Emmanuel Macron à examiner "d’autres voies".
Bien que la mairie de Paris et le gouvernement se soient accordés pour aménager dans la capitale des Haltes soins addiction (HSA), 17 collectifs, 9 associations et le Musée du chocolat de Paris s’unissent pour soumettre une lettre commune à Emmanuel Macron demandant de réviser cette initiative, rapporte Le Parisien.
Ils déplorent "la situation dégradée de nos quartiers dans le nord-est de Paris, d’autres secteurs de la capitale et de la proche banlieue en raison notamment de la crise du crack et des autres drogues dures qui les gangrènent" malgré des alertes systématiques faites aux pouvoirs publics dont les politiques se montrent "inefficaces".
Ce groupe évoque la multiplication des HSA pour les usagers de stupéfiants à Paris et en petite couronne comme "la seule solution proposée par la Ville de Paris, avec l’accord du gouvernement".

"Ces lieux prévus en zones d’habitations, d’écoles et commerces, seront en fait des salles de consommation supervisée. Or qui dit consommation de drogues dit inévitablement trafic, avec son cortège de nuisances. L’ouverture de ces HSA ne fera qu’aggraver la situation", alertent-ils dans la lettre citée par le quotidien.

Ils estiment que ces établissements "auront pour objectif principal l’accompagnement de l’addiction afin de réduire les risques pour les toxicomanes, sans viser l’abstinence pérenne, pourtant essentielle".
Ces collectifs appellent ainsi à étudier "d’autres voies que ces HSA" proposant à titre d’exemple "celle des communautés thérapeutiques dont les résultats sont probants".

"Éloignées des concentrations urbaines, elles permettent aux addicts de rompre avec les milieux de la consommation et du trafic, tout en assurant leur réinsertion sociale et professionnelle", notent-ils, espérant recevoir un retour rapide du Président de la République.

L’exécutif dit son dernier mot

Le feu vert à cette initiative a été donné le 15 septembre par Jean Castex après des mois d'impasse. Le 23 septembre, le ministre de la Santé a annoncé l’intention de prolonger pour trois ans l'expérimentation des salles de consommation à moindre risque (SCMR) qu’il a renommées Haltes soin addiction, comme l’a expliqué Olivier Véran, "afin d’en finir avec les caricatures sur les "salles de shoot" et insister sur l’accompagnement".
Pour l’instant, il n'existe que deux structures du genre en France: à Strasbourg et à Paris. Pour la capitale, Anne Hidalgo avait initialement proposé quatre nouveaux sites ayant "vocation à s'inscrire dans le cadre expérimental offert par la loi du 24 janvier 2016" qui les autorise.
Cette mesure devrait également faire retomber les fortes tensions dans le Nord-est parisien, où la consommation de crack, substance dérivée de la cocaïne, très addictive et bon marché, empoisonne la vie des riverains en proie à un espace public dégradé.

Des professionnels défendent l’initiative

Dans une interview au Figaro, Guy Sebbah, responsable des addictions au sein de SOS Solidarités, qualifie pourtant "l'approche de la mairie" de "bonne".

"Seul 1% des personnes qui fréquentent régulièrement la salle de consommation de la Gare du Nord demandent ensuite à être reçus dans un centre de soins", renchérit auprès du journal le thérapeute François Diot, ancien dirigeant d'un CAARUD (centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogues).

L’Assemblée nationale a adopté le 26 octobre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale dont l’article 43 permet la prolongation des Haltes soins addictions. Il permet à un CSAPA (centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie), à un CAARUD ou à une unité mobile de mettre en place ce dispositif. Ces HSA pourront être déployés dans les mêmes locaux que ces centres, dans des locaux distincts, ou être situés dans des structures mobiles, indique la Fédération Addiction sur son site officiel.
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