L'État français a gaspillé 12 millions d'euros en vain pour son projet numérique pour la police

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Voiture de police nationale à Paris - Sputnik Afrique, 1920, 01.11.2021
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La mise au point d’un logiciel pour la police, orchestrée par la société CapGémini, est abandonnée en raison de problèmes de conception. Un nouvel appel d’offres sera lancé pour remplacer ce projet débuté il y a quatre ans et qui a coûté environ 12 millions d’euros à l’État, rapporte France Inter.
Coûtant plus d’une dizaine de millions d’euros, un projet numérique visant à faciliter la rédaction des plaintes par les policiers tombe à l’eau au bout de quatre ans, rapporte France Inter.
Baptisé "Scribe", il a été lancé en novembre 2017. Le marché avait été remporté par le géant informatique CapGémini. Son coût complet était initialement estimé à 15,1 millions d’euros, selon un avis rédigé par la direction interministérielle du numérique en octobre 2019.
Déjà à l’époque, le gouvernement mettait en relief les inconvénients du projet, tels que le retard des travaux dont l’achèvement était prévu fin 2020 et l’absence de stratégie précise de déploiement. Enfin, l’usage du programme n’a pas été simplifié, malgré les attentes des forces de l’ordre.
Après un audit réalisé en 2020, la société informatique a révélé un problème fondamental dans son architecture, poursuit France Inter. D’après les calculs faits par les plus hauts responsables de la police nationale, cités par le média, 11,7 millions d’euros ont été dépensés en vain, alors qu’aucun recours juridique n’est possible contre CapGémini. Un nouvel appel d’offres sera proposé dans les prochains mois, à l’horizon 2024, précise France Inter.

La police désemparée

Même si "ce n'est pas le plus gros fiasco côté financier de ses dernières années", selon un responsable syndical policier cité par le média, il s’agit du projet "le plus symbolique" qui concerne "le principal outil des enquêteurs: la rédaction des plaintes".
En plus de cela, "on ne pensait vraiment pas que tout allait planter ainsi sur Scribe", a indiqué un proche du dossier auprès de France Inter, car le projet était prometteur à en juger par ses premières présentations.
En mars 2020, il a été qualifié de "moderne dans son interface et libéré de la grande rigidité" de l’ancien logiciel par le syndicat Synergie-Officiers. Celui-ci a cependant pointé les "moyens "réduits à la portion congrue" mis à sa disposition.

Remplacement du programme "obsolète"

Ce logiciel devait remplacer le programme LRPPN3 (Logiciel de rédaction des procédures de la Police Nationale) devenu incapable de répondre aux besoins des enquêteurs, écrivait la direction interministérielle du numérique dans l’avis mentionné. Mis en place entre 2010 et 2012 pour faciliter le rapprochement entre enquêtes, il s’était attiré les foudres des forces de l’ordre pour ses difficultés d’utilisation.
Depuis, certains syndicats dont Synergie-Officiers ont dénoncé à maintes reprises ses caractéristiques obsolètes. En 2020, ce syndicat a rappelé sa demande de mettre en place "un véritable outil d’aide à l’enquête, pensé par celles et ceux qui font la procédure pénale policière".

Modernisation des forces de l’ordre

Emmanuel Macron a annoncé en septembre dernier l’augmentation en 2022 du budget de ministère de l’Intérieur de 1,5 milliard d’euros, dont 500 millions pour la mise en œuvre des premières mesures issues du Beauvau de la sécurité pour moderniser les forces de l’ordre.
Outre l’augmentation des effectifs, il a promis de les équiper avec des caméras piétons, de nouveaux uniformes, ainsi que de renouveler le parc automobile des policiers. Parmi les promesses du Président figurent également la simplification de la procédure pénale et du dépôt des plaintes en ligne dès 2023.
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