Londres se dit prêt à la désescalade, demande à Paris de retirer ses "menaces"

© AFP 2022 ANDREAS SOLAROEmmanuel Macron et Boris Johnson
Emmanuel Macron et Boris Johnson - Sputnik Afrique, 1920, 31.10.2021
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Le porte-parole Boris Johnson a estimé dimanche qu'il incombait à Paris de favoriser une désescalade entre la France et la Grande-Bretagne sur la question de la pêche en retirant ses "menaces" de représailles.
Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Johnson ont dit souhaiter une "désescalade" sur la question de la pêche à l'issue d'un entretien dimanche matin à Rome, mais en estimant chacun de son côté qu'il incombe à l'autre de faire le premier pas.
Pour l'Elysée, il appartient au gouvernement britannique de respecter les règles qu'il a acceptées en signant l'accord de Brexit avec l'Union européenne, et donc de délivrer davantage de licences aux pêcheurs français qui souhaitent opérer dans les eaux territoriales britanniques.
Pour le 10, Downing Street, en revanche, Londres est dans son bon droit et c'est le gouvernement français qui s'est mis en porte-à-faux avec l'Accord de Commerce et de Coopération conclu entre Londres et Bruxelles en imposant à la Grande-Bretagne des mesures de représailles qui devraient entrer en vigueur mardi.
Il revient à Paris de "favoriser une désescalade en retirant ses menaces", a déclaré le porte-parole de Boris Johnson. "Si le gouvernement français veut faire des propositions (...), nous leur réserverons le meilleur accueil", a-t-il ajouté.
L'Elysée ne fait pas du tout la même lecture de la situation et considère que Londres, qui a rejeté selon Paris près de 50% des demandes de licences déposées par les pêcheurs français, doit s'en tenir aux "règles".
Interrogé sur cette divergence d'appréciation, l'Elysée a insisté sur la nécessité d'un "travail en commun". "Nous devons trouver une solution ensemble qui soit conforme aux engagements qui ont été pris par les Britanniques", a souligné la présidence française.
La France reproche depuis de longs mois à la Grande-Bretagne d'avoir délivré à ses pêcheurs un nombre de licences insuffisant pour accéder aux eaux britanniques, au vu des engagements pris par Londres à l'égard de l'Union européenne dans les accords encadrant le Brexit.
Parmi les mesures de représailles annoncées cette semaine par Paris figurent l'interdiction de l'accès aux ports français pour les pêcheurs britanniques qui viennent d'ordinaire y débarquer leurs prises, et le durcissement des contrôles phytosanitaires de certaines cargaisons.
L'immobilisation d'un chalutier britannique au Havre pour avoir pêché selon la France sans autorisation dans les eaux nationales a également mis de l'huile sur le feu.
Boris Johnson avait déjà dénoncé samedi des "menaces injustifiées" et promis de défendre les intérêts de son pays, accusant la France de violer elle-même l'Accord de Commerce et de Coopération conclu entre Londres et Bruxelles au moment du Brexit.
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