Le manque de sommeil affecterait des processus considérés jusqu'ici comme automatiques

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Une personnes sous une couverture - Sputnik Afrique, 1920, 31.10.2021
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La démarche se trouve modifiée par le manque de sommeil, selon des scientifiques américains. Ils en ont tiré la conclusion, suite à une étude, qu’il ne s’agissait pas d’un processus automatique.
L’équilibre d’un individu lorsqu’il marche peut être affecté par un manque de sommeil, ont établi des chercheurs de l'université du Massachusetts. Ils ont publié un article décrivant leur étude dans la revue Scientific Reports le 26 octobre.
"Plus de 85% des étudiants dorment moins de 8 heures par nuit et, parmi eux, environ 40% dorment moins de 6 heures. Par conséquent, la plupart des étudiants souffrent d'un manque de sommeil chronique. Le manque de sommeil affecte négativement le processus d'apprentissage, l'attention et le temps de réaction. Ces altérations sont associées à une diminution des capacités neuronales et cognitives liée à un taux métabolique plus faible dans différentes régions du système nerveux central. ­­[…] Il a également été démontré que le contrôle postural humain est affecté négativement par la privation grave de sommeil et la restriction chronique du sommeil", indiquent les auteurs de l’étude.

Les expériences menées

Pendant 14 jours, le sommeil des participants de l’étude a été enregistré avec un appareil spécial. Après que les chercheurs ont observé la routine de sommeil des étudiants, certains des participants ont passé une nuit blanche.
"Ils avaient pour instruction de rester éveillés jusqu'au lendemain matin en effectuant la même routine que s'ils devaient rester éveillés chez eux. Ils pouvaient étudier, regarder la télévision, jouer à des jeux vidéo ou lire des livres. La consommation de caféine ou de stimulants n'était pas autorisée."
Le matin du 14e jour, tous se sont rendus au laboratoire pour effectuer un test de marche. Chaque élève marchait sur un tapis roulant à la même vitesse, tandis que les chercheurs jouaient du métronome.
Les étudiants devaient suivre le rythme, tandis que les scientifiques augmentaient et diminuaient lentement et subtilement la vitesse du métronome, sans en informer les élèves. Des caméras ont filmé la marche des élèves, et plus précisément le moment où leur talon touchait le tapis de course, par rapport au rythme du métronome.
"Du point de vue scientifique, il n'était pas évident que des activités presque automatiques comme la marche soient influencées par le manque de sommeil. Nous avons également découvert que la compensation du sommeil pouvait être une stratégie importante. Par exemple, les personnes qui souffrent d'un manque de sommeil chronique pourraient mieux contrôler leur démarche si elles intègrent une compensation régulière du sommeil", explique Hermano Krebs, chercheur principal au département d'ingénierie mécanique de l’université.
Les chercheurs ont constaté plus d’erreurs parmi les étudiants personnes souffrant d'un manque de sommeil.
"Ils n'étaient pas dans le rythme, ils manquaient des signaux sonores, et leurs performances étaient en général moins bonnes", détaillent-ils.

D’autres études sur les effets négatifs du manque de sommeil

Ce n’est pas la première fois que les chercheurs concluent que le manque de sommeil est néfaste. Il a un impact négatif sur les fonctions physiologiques et a pour conséquence une détérioration des compétences cognitives, de l'attention et de la mémoire, ainsi que le développement de problèmes cardiovasculaire et nerveux, selon une étude polonaise parue dans Plos One.
Une équipe de l'université de l'Ohio a découvert que le déficit de sommeil nocturne pouvait provoquer des symptômes ressemblant à ceux d’une commotion cérébrale, selon une publication de la revue Sports Medicine.

Augmentation des troubles du sommeil chez les Français

Durant le deuxième confinement, au moins 45% des Français ont présenté un trouble du sommeil (contre 41% en période normale) et 26% une moins bonne qualité de sommeil, selon l’enquête de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) en 2021.
La durée de sommeil a été de 7h09 en semaine et de 7h46 le week-end durant le deuxième confinement, contre respectivement 6h41 et 7h32 lors de l’enquête 2020, précisent les statistiques publiées sur le site de l’Institut.
En outre, étudiant l’effet Covid, les scientifiques ont constaté que "64% des Français infectés par la Covid-19 présentaient un trouble du sommeil lors du 2nd confinement. Des données récentes suggèrent que les effets cérébraux du SARS-CoV-2 auraient pu entraîner des modifications du sommeil".
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