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Présidentielle française 2022
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CNews fustigée pour avoir mis en avant Zemmour dans une infographie approximative, voire trompeuse

© AFP 2022 LIONEL BONAVENTURECNEWS chaîne info
CNEWS chaîne info  - Sputnik Afrique, 1920, 31.10.2021
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Alors que Zemmour affiche entre 17% et 18% des intentions de vote depuis un mois dans les sondages Harris interactive, CNews a présenté une infographie totalisant 106% d’intentions de vote et favorisant le polémiste. Des exagérations qui n’ont pas échappé à la commission chargée de contrôler les sondages électoraux.
Le 27 octobre, CNews a diffusé sur son antenne, dans l’émission "L’heure des pros 2", un tableau intitulé "Présidentielle: E.Zemmour en hausse" basé sur un sondage réalisé par Harris interactive pour Challenges. Le lendemain, dans un communiqué, la Commission des sondages a reproché à la chaîne au moins trois erreurs dans ce diagramme.
Tout d’abord, les pourcentages des intentions de vote sur le visuel présenté par CNews cumulaient un total de 103% avant que Yannick Jadot ne soit corrigé à 8% au lieu de 5%.
Après, le total a fait 106%. Comme le montre ce graphique, Emmanuel Macron a été placé en tête avec 23% des intentions de vote. Ensuite arrivent Éric Zemmour (17%), Marine Le Pen (16%), Xavier Bertrand (14%), Valérie Pécresse (10%), et Jean-Luc Mélenchon (10%), Michel Barnier (8%) et Yannick Jadot (8%).
L’autorité administrative indépendante chargée de contrôler les sondages électoraux explique cette erreur par la présence de trois candidats hypothétiques à droite (Bertrand, Pécresse, Barnier) jamais testés simultanément.
La Commission pointe également 5% des intentions de vote pour Yannick Jadot indiquées dans le premier visuel erroné, notant que "le sondage dont se prévaut CNews lui donne 8% ou 9% selon l’hypothèse testée". Elle insiste, en outre, sur l’importance de l’obligation donnée aux médias "de faire figurer les marges d’incertitude lors de toute publication même partielle des estimations de tout sondage relatif à l’élection présidentielle".

Zemmour en hausse?

L’autorité administrative dénonce le titre "Présidentielle: Éric Zemmour en hausse" marqué par CNews pour ce sondage, car il "donne une intention de vote pour M.Zemmour de 17% ou 18% selon les hypothèses testées (avec une marge d’incertitude de 2,1%), exactement identique à celui des deux précédentes vagues de cet institut lorsqu’il teste les mêmes hypothèses".

"Le titre du tableau présenté par CNews doit donc être lu avec la plus grande circonspection", note la Commission, appelant chacun à faire preuve de "la prudence qu’il convient d’adopter à la lecture de certains médias".

"Dans ces conditions, un tel tableau, qui ne correspond pas à un sondage réalisé conformément à la loi du 19 juillet 1977, ne peut donc pas être présenté comme extrait d’un sondage ", est-il indiqué dans un communiqué de la Commission des sondages.

Le phénomène Zemmour

En effet, pour la quatrième semaine consécutive, le polémiste bénéficie de 17% à 18% des intentions de vote. Il occupe ainsi la position de second, se qualifiant donc au second tour juste devant Marine Le Pen (16%), selon des sondages menés par Harris interactive.
Pourtant, d’autres enquêtes le placent en troisième position après Emmanuel Macron et Marine Le Pen. C’est notamment le cas du sondage Elabe pour BFM TV publié le 27 octobre le créditant de 15 à 16% des intentions de vote.
En tout cas, le phénomène Zemmour continue de cristalliser l’attention des médias. Bien qu’il n’ait pas officiellement annoncé sa candidature à la présidentielle, ce qu’il pourrait faire dès le 9 novembre, selon des suppositions de France Inter (à l’occasion de l’anniversaire de la mort du général de Gaulle), le polémiste a connu une ascension sondagière rapide.
Face à cette montée en puissance, le bureau exécutif de La République en marche élabore déjà une stratégie de riposte. Sur TF1 et LCI, un cadre a indiqué que son parti souhaitait opter pour les attaques basées sur les arguments, le fond au lieu de "répondre à l’outrance par l’outrance".

"Quand la polémique émerge, alimentée de façon quasi quotidienne par Éric Zemmour, nous devons répondre sur le fond et montrer ce que nous faisons, parler de notre bilan plutôt qu’entrer dans le clash systématique", a indiqué ce cadre.

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