Station de pompage de gaz - Sputnik Afrique, 1920, 08.10.2021
Crise du gaz 2021
L’augmentation du prix du gaz en Europe, enregistrée depuis le début de 2021, s’est accélérée en septembre. Si le 1er septembre, 1.000 mètres cubes se vendaient 614 dollars, contre plus de 1.030 dollars à la fin du mois.

Macron n’a "aucune preuve" du rôle de la Russie dans la crise du gaz

© REUTERS / Guillaume Horcajuelo/Pool via REUTERSEmmanuel Macron lors de sa visite à Marseille
Emmanuel Macron lors de sa visite à Marseille - Sputnik Afrique, 1920, 30.10.2021
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Il n’y a "aucune preuve" d’une manipulation des prix du gaz, a répondu Emmanuel Macron à la question de savoir si la Russie est responsable de cette flambée, lors d’une interview accordée au Financial Times.
Alors que les regards sont tournés vers la Russie, accusée par l’Occident d’être à l’origine de la crise du gaz, Emmanuel Macron a estimé que personne n’était coupable, la situation étant provoquée par la reprise économique et le processus de décarbonisation.
Interrogé par le Financial Times sur la responsabilité de Moscou dans cette flambée sur le marché gazier, le Président français a déclaré n’avoir "aucune preuve" d’une manipulation des prix et n’accuser personne.
Tandis que la part russe dans les importations européennes de gaz naturel s’élevait à plus de 32% en 2020, selon Gazprom, le chef de l’État français a indiqué que la question de son pouvoir en Europe n’était pas à l’ordre du jour:
"Il ne s'agit pas de savoir si nous sommes trop dépendants d'une entreprise ou pas. Il s'agit de savoir comment créer des alternatives. Et les seules alternatives sont d'avoir des énergies renouvelables européennes et, bien sûr, du nucléaire européen."

Options de court terme

À l’approche de la période de chauffage, il a appelé les participants du sommet du G20 qui se tient les 30 et les 31 octobre à Rome à trouver un équilibre sur la question des énergies.
"Dans les semaines, les mois qui viennent, nous devons avoir une meilleure visibilité et une meilleure stabilité des prix de l'énergie afin que les tensions ne génèrent pas d'incertitudes et ne sapent pas la reprise économique mondiale."
Comme la diminution des prix ne lui semble pas possible, compte tenu de la forte demande, Emmanuel Macron a mis en valeur l’objectif d’éviter une rupture d’approvisionnements et de nouvelles augmentations qui pourraient provoquer de "fortes tensions économiques et sociales".
La baisse des prix des énergies avait précédemment été exclue par le gouvernement français comme solution pour alléger le poids financier associé à cette envolée, lequel pourrait toucher de nombreux ménages français. En contrepartie, il a annoncé la mise en place du "chèque énergie" et de "l’indemnité inflation" pour certaines catégories de la population, ainsi que le blocage des prix du gaz et de l’électricité pour les consommateurs en 2022.
Lors de son discours au Conseil européen tenu le 22 octobre, M.Macron a justifié le maintien des taxes, dont la baisse figurait parmi les solutions proposées par d’autres acteurs de la scène politique, par l’importance de suivre la stratégie de décarbonisation. De plus, la levée des taxes reviendrait trop cher à l’État et concernerait l’ensemble de la population, alors qu’il ne faut protéger que "les concitoyens les plus vulnérables".

Accusations

Fin septembre, l'Agence internationale de l'énergie (AIE), basée à Paris, a déclaré que bien que la Russie remplisse ses contrats de long terme vis-à-vis des pays européens, "ses exportations vers l’Europe sont en baisse par rapport à leurs niveaux de 2019". "Une manipulation" des prix a également été dénoncée par la ministre américaine de l'Énergie, Jennifer Granholm.

Le point de vue russe

Vladimir Poutine a réfuté toutes les allégations de diminution des livraisons de gaz en déclarant que Gazprom remplit la totalité de ses engagements et est prêt à augmenter ses livraisons en fonction des demandes. Intervenant au cours de la Semaine de l’énergie qui s’est tenue à la mi-octobre en Russie, il a pointé l’augmentation des livraisons du géant gazier russe de 11 milliards de mètres cubes en Europe en 2021, contrairement au manque de neuf milliards de la part des États-Unis et du Moyen-Orient.
Selon lui, cette crise provient de la politique économique de la Commission européenne qui avait opté pour la régulation du marché des énergies via la Bourse, le marché du spot, tout en renonçant à des contrats à long terme.
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