Tirs de la BAC contre une voiture: plainte pour "diffusion de nouvelles fausses" contre la police

voiture - Sputnik Afrique, 1920, 29.10.2021
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Deux mois après les tirs de policiers de la BAC contre un automobiliste et sa passagère à Stains, où en est l’enquête? Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée ce jeudi 28 octobre contre la préfecture de police de Paris et sa porte-parole après la résurgence d’une nouvelle vidéo.
Deux personnes, un conducteur et sa passagère, avaient été grièvement blessées par des tirs de policiers sur leur voiture au mois d’août. La vidéo des faits était alors devenue virale. La préfecture de police de Paris avait défendu cette intervention avec une vidéo de sa porte-parole. Cependant, de nouvelles séquences, révélées par Le Monde, viennent remettre en cause cette version.
Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée contre la préfecture de police de Paris et sa porte-parole jeudi 28 octobre pour "diffusion de nouvelles fausses" par l’avocat de l’automobiliste touché par les tirs, rapporte France Inter.

Vidéos en question

Le 16 août, le compte Twitter L'Écho des banlieues a posté une vidéo, désormais effacée, montrant des policiers de la BAC de Stains, en civil, en train de tirer à huit reprises sur une voiture. La description ne précisait pas ni le contexte ni la raison de cette intervention.
Plus tard dans la journée, la préfecture de police de Paris a publié à son tour une vidéo de sa porte-parole, Laetitia Vallar.
"Suite à un refus d'obtempérer, les policiers sont venus contrôler le conducteur d'un véhicule qui, après avoir coupé le contact, a remis le contact et a brusquement fait marche arrière, percutant ainsi le fonctionnaire de police qui était en protection", dit-elle.
Toutefois, Le Monde a révélé une vidéo qui contredit cette version. Sur cette dernière, aucun des deux policiers n'est percuté par la voiture prise pour cible. La séquence montre par ailleurs qu’un agent a volontairement tenté de s’introduire dans le véhicule en prenant appui sur la fenêtre côté conducteur, avant de redescendre lorsque la voiture redémarre. Il n’est, à aucun moment, "traîné sur plusieurs mètres", comme l’a affirmé la porte-parole.
Quant aux personnes dans la voiture, le conducteur a reçu plusieurs balles dans le thorax, au bras et au pubis, tandis que sa compagne a été blessée au dos, selon le parquet, à l’époque. Enceinte, elle avait perdu son enfant, a révélé Le Monde.

La plainte

Suite à l’apparition de l’article du Monde, une plainte avec constitution de partie civile a été déposée ce jeudi 28 octobre contre la préfecture de police de Paris et sa porte-parole, relate France Inter.
Déposée par l'avocat de l'automobiliste, la plainte souligne le fait qu'aucun des deux fonctionnaires, lorsque ceux-ci ont déposé plainte, n'a affirmé avoir été percuté par le véhicule de son client.
"Dans cette même plainte, l'avocat ajoute qu'un troisième policier, présent sur la scène, et qui n'a pas fait usage de son arme, n'a pas non plus indiqué avoir été touché par la voiture. Or, estime Me Bouzrou, la vidéo de la préfecture de police ayant été mise en ligne à 12h19, l'institution aurait eu tout le temps de mener les vérifications nécessaires avant de diffuser son explication sur les réseaux sociaux", raconte le média, après avoir consulté le document.
Dans cette affaire, une information judiciaire a été ouverte pour "violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l'ordre public". De l’autre côté, une enquête pour "refus d'obtempérer" et "tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique" a été ouverte contre les automobilistes. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été également saisie.
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