Grève des éboueurs au Cameroun: Douala, un dépotoir à ciel ouvert - photos

© Sputnik . Anicet SimoOrdures à Douala
Ordures à Douala - Sputnik Afrique, 1920, 28.10.2021
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Fin octobre, des tas d'immondices jonchent la ville de Douala. Une situation provoquée par la grève des éboueurs de l'entreprise en charge de l'hygiène et de la salubrité au Cameroun, qui réclament trois mois de salaires impayés. Cette cessation du travail a progressivement transformé la ville en une poubelle géante.
Sur la route principale au lieu-dit marché Congo à Douala, ce 28 octobre, un tas d’immondices encombre la chaussée rendant la vie impossible aux nombreux automobilistes qui passent par là. Loin du bac à ordures, les déchets ont fini par envahir le macadam, le coupant pratiquement en deux et provoquant au passage un énorme bouchon. Entre ordures et commerces anarchiques, les véhicules doivent slalomer pour trouver leur chemin.
"Regardez vous-même un pays qui va accueillir la CAN (Coupe d’Afrique des Nations 2021 qui se jouera en janvier 2022) dans quelques mois. Les ordures sont déversées partout et ça ne dit rien à personne depuis plusieurs jours. Nous ne pouvons même pas circuler. C’est avec ça qu’on va accueillir les étrangers?", lance, dépité au micro de Sputnik un chauffeur de taxi qui tente la difficile traversée.
© Sputnik . Anicet SimoUn tas d’immondices à même la chaussée au marché Congo de Douala.
Un tas d’immondices à même la chaussée au marché Congo de Douala. - Sputnik Afrique, 1920, 28.10.2021
Un tas d’immondices à même la chaussée au marché Congo de Douala.

La grève des éboueurs

Dans toute la ville, le décor est presque similaire depuis plusieurs jours. Tout au long des trottoirs, des terre-plein et chaussées, les ordures dictent leur loi. Elles ont longtemps débordé les bacs prévus pour la circonstance et recouvrent de grands espaces. Dans des quartiers comme Bepanda, dans le 5e arrondissement de Douala, de nombreux dépotoirs spontanés ont vu le jour au grand dam des riverains.
"Les gens déversent maintenant les ordures partout comme là, devant mon atelier. On souffre avec les odeurs et les moustiques. Hysacam [entreprise privée en charge du ramassage des ordures au Cameroun, ndlr] ne passe plus faire le ramassage dans les quartiers et ça augmente tous les jours. Nous avons appris à la radio que les employés ont entamé une grève", relate à Sputnik Pierre Minlo, mécanicien.
© Sputnik . Anicet SimoUn trottoir entièrement recouvert d’ordures au lieu-dit Axe lourd Bepanda
Un trottoir entièrement recouvert d’ordures au lieu-dit Axe lourd Bepanda - Sputnik Afrique, 1920, 28.10.2021
Un trottoir entièrement recouvert d’ordures au lieu-dit Axe lourd Bepanda
En effet depuis le 22 octobre, les éboueurs de l'entreprise en charge de l'hygiène et de la salubrité au Cameroun ont suspendu leur activité, réclamant trois mois d’arriérés de salaire. Un mouvement de grève entamé par les équipes de Yaoundé et qui a fini par être suivi à Douala, où siège la direction générale de l’entreprise. Devant le portail de la structure dans la matinée de ce 28 octobre, une centaine d’éboueurs crient leur colère. Face à la police venue calmer les ardeurs des grévistes, l’un des travailleurs ne décolère pas.
"Nous ne revendiquons que notre salaire, monsieur le commissaire. Ça fait trois mois que nous ne sommes payés et ceci en pleine rentrée scolaire. Comment allons-nous payer les frais de scolarité? Tout ce que nous voulons, c’est être payé. On ne veut pas créer des troubles", fulmine-t-il face à un officier de police qui tente de leur faire libérer l’entrée principale.
© Sputnik . Anicet SimoDes éboueurs revendiquent le paiement de leur salaire devant l’entrée principale de l’entreprise
Des éboueurs revendiquent le paiement de leur salaire devant l’entrée principale de l’entreprise - Sputnik Afrique, 1920, 28.10.2021
Des éboueurs revendiquent le paiement de leur salaire devant l’entrée principale de l’entreprise
Des éboueurs revendiquent le paiement de leur salaire devant l’entrée principale de l’entreprise
"Nous n’allons pas reprendre le travail sans être payé. C’est difficile de vivre ainsi sans salaire et pourtant nous avons un emploi", confie un autre gréviste rencontré sur le site à Sputnik. Dans une interview accordée au quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, Joël Olomo Ndo, l’un des responsables de la communication de l’entreprise souligne que cette situation découle des tensions de trésorerie, résultant de l’insolvabilité de l’État, qui ne paye pas ses dettes. L’entreprise assure que des mesures sont en train d’être prises pour régler le problème et que la situation sera bientôt résolue.
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