"Drogue du violeur": un phénomène angoissant proliférant dans des bars et soirées étudiants

bar - Sputnik Afrique, 1920, 28.10.2021
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Plusieurs étudiants de la Grenoble École de Management auraient été drogués lors de soirées avec du GHB, substance psychotrope qui rend la victime plus détendue et docile. La "drogue du violeur" semble proliférer dans les bars prisés par les jeunes. Elle serait aussi à l’origine d’agressions sexuelles imputées au personnel de deux bars à Bruxelles.
Le parquet de Grenoble a ouvert une enquête préliminaire suite à l’utilisation de la drogue de synthèse GHB lors de soirées organisées en octobre par des associations étudiantes à la GEM (Grenoble École de Management).

"Les étudiants vont commencer à être entendus, j’ai une dizaine de noms d’étudiants qui m’ont été donnés, on va les entendre et on va voir si on peut faire des regroupements, et si certains souhaitent ou non déposer plainte", déclare le 27 octobre sur BFMTV Éric Vaillant, procureur de la République de Grenoble.

Il s’agit de trois soirées qui se sont déroulées les premières semaines d’octobre. L'un des étudiants s'étant fait tester a pu constater qu'il avait bien ingéré, à son insu, du GHB, mais pour l’instant aucune plainte n’a été déposée, rapporte BFM TV.
Selon le procureur, "plusieurs d’entre eux [ont] présenté le symptôme de perte de mémoire caractéristique de cette drogue dite drogue du violeur".

Une expérience traumatisante

Le GHB (gamma-hydroxybutyrate), aussi appelé "drogue du violeur", est inodore, incolore, et n’altère pas le goût de la boisson.
"Ce qui est particulier avec le GHB, c’est qu’il joue sur la mémoire. Donc la victime va être somnolente. C'est un produit qui va détendre, un peu comme l'alcool. Elle ne va pas enregistrer ce qui se passe", explique à France 3 la docteure Laurence Vasse, médecin addictologue à La Rochelle. Le produit agit en 15 minutes et les effets durent environ une heure. Les victimes ont du mal à démontrer qu'elles ont été droguées, car le GHB disparaît de l'organisme au bout d'une douzaine d'heures.

"L'usage de GHB peut entraîner des soumissions chimiques, et des personnes peuvent être amenées à réaliser des choses qu’elles n’auraient pas consenties sans la substance", note le psychiatre et addictologue Jean-Michel Delile, également sur France 3.

Par ailleurs, pour des fins médicales, la substance est utilisée dans le traitement de l’insomnie et pour la prévention du syndrome de sevrage chez les alcoolodépendants.

Agressions sexuelles dans des bars à Bruxelles

Début octobre, la police bruxelloise a ouvert une enquête concernant deux bars situés à Ixelles, quartier étudiant et festif, suite à plusieurs plaintes de femmes qui disent avoir été droguées potentiellement avec du GHB puis agressées sexuellement. Pour l’instant, le principal suspect est l’un des serveurs de ces établissements.
La plupart de ces témoignages font état de malaises, de pertes de connaissance, de black-out rapidement après avoir bu un ou plusieurs verres, relate la RTBF.

"Peu de temps après mon arrivée au El café (l’un des établissements incriminés), black-out. Je me suis retrouvée dans la voiture d’un monsieur d’une trentaine d’années. Le lendemain matin, je me suis réveillée sans savoir réellement comment j’étais rentrée chez moi. Je n’avais plus mon téléphone qui avait sans doute été volé pour la énième fois au El café", raconte l’une des victimes, Annick, sur la chaine bruxelloise BX1.be.

Des témoignages d'agressions sexuelles et de viols ont récemment afflué sur les réseaux sociaux. Le 14 octobre, 1.300 personnes ont participé à une manifestation à Ixelles en soutien aux victimes d’agressions sexuelles.

La déferlante des témoignages

En raison de l'augmentation des cas d'intoxication présumée au GHB, certaines femmes changent leurs habitudes lorsqu’elles sortent en soirée. Elles gardent tout le temps leur verre à la main, gardent leur main au-dessus de celui-ci lorsqu’un inconnu s’approche, refusent les boissons qu’on leur offre, vérifient ce que le barman fait lors du service, écrit Valeurs actuelles.
Le problème est pris au sérieux par certaines municipalités, en particulier par les villes où il y a beaucoup d’étudiants. Par exemple, à Nancy, la mairie a décidé de rassembler les professionnels de la nuit (bars, discothèques, festivals) et les forces de l’ordre pour réfléchir à des actions d'ici la fin de l'année, rapporte France 3.
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