Un SDF retrouvé pendu aux grilles de l’hôpital après son expulsion d’un centre d’hébergement

Une grille - Sputnik Afrique, 1920, 25.10.2021
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Après l’expulsion hors d’un centre d’hébergement d’un sans-abri marocain, celui-ci s’est suicidé par pendaison le 24 octobre à Perpignan où le problème des SDF préoccupe les associations. Les faits interviennent alors que l’exécutif a annoncé un changement de logique dans leur accueil afin de construire une politique sur le long terme.
Un SDF de 31 ans, originaire du Maroc, s’est pendu dimanche 24 octobre aux grilles de l'hôpital de Perpignan (Pyrénées-Orientales) après avoir été expulsé des locaux du centre d’hébergement de l’association du 115 pour avoir violé le règlement intérieur, rapporte France 3.

"Nous sommes intervenus car il y avait de l'agitation à la porte du centre de la Croix-Rouge. Quand nous sommes arrivés, la personne ne se trouvait plus sur les lieux mais aux urgences. Il était très agité et perturbait le service. Quand on lui a demandé de partir il a voulu se battre et s'est mis torse nu. Après s'être calmé, nous l'avons raccompagné vers la sortie sans problème", précise à la chaîne de télévision une source policière de Perpignan.

Comme l’affirme une seconde source auprès de France 3, il aurait menacé de mettre fin à ses jours après cette expulsion qui a eu lieu entre 22 heures et minuit. Son corps a été découvert à 2h du matin par un autre SDF.
Il s’agit du deuxième drame touchant un sans domicile fixe en octobre dans cette ville. Le 6 du mois, un sans-abri de 20 ans est décédé, emporté par les difficultés de la rue. La cause éventuelle est une crise cardiaque à la suite d’une overdose de kétamine, un fort produit anesthésiant et antidouleur, relate Actu.

"À Perpignan, c’est catastrophique"

En juillet 2017, Emmanuel Macron annonçait son intention de lutter contre ce phénomène.

"Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des hommes et des femmes dans les rues, dans les bois. Je veux partout des hébergements d’urgence", avait-il déclaré.

Près de quatre ans plus tard, le problème reste loin d’être résolu à Perpignan.

"Aujourd’hui, on ne peut plus. À Perpignan, c’est catastrophique, le nombre de personnes dans la rue explose et on ne s’en sort plus. Tous les bénévoles sont dans la même situation, et en Espagne c’est pareil", dénonçait en avril auprès de L’Indépendant Fatouma Miloud Hocine, vice-présidente de l’association Au cœur de l’humanité 66.

"Dans la rue, il y a les clandestins qui tentent de survivre comme ils peuvent et les SDF, avec souvent des problèmes de toxicomanie et d’alcool", ajoutait-elle.
Elle constatait la hausse des arrivées des "migrants qui sont ramenés à Portbou et qui reviennent à Perpignan". "On en voit une cinquantaine de nouveaux chaque jour. Ils arrivent sans un euro, sans rien à manger, ils ont soif, n’ont plus de chaussures. […] 200 bouteilles d’eau quotidiennement ça ne suffit plus. Avant, on distribuait 40 repas par jour, maintenant 250 ce n’est pas assez".

Une mesure gouvernementale

Pour améliorer la situation, le gouvernement a annoncé le 6 septembre une future réforme de l’accueil d’urgence visant à mettre fin définitivement à la gestion "au coup par coup" et à instaurer une programmation pluriannuelle intégrant l'hébergement d'urgence et le programme "Logement d'abord", alors que plus de 200.000 sans-abris se trouvent actuellement dans des centres d’hébergement ou des hôtels, indique un communiqué.
Selon le ministère du Logement, du 1er janvier 2018 au 30 juin 2021 le programme a permis à 280.000 personnes sans domicile fixe, à la rue ou en centre d'hébergement d'accéder au logement.
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