Talibans au pouvoir en Afghanistan

Les talibans expliquent la condition à laquelle la situation afghane "aurait été meilleure"

© AP Photo / Shekib RahmaniL'aéroport de Kaboul, le 16 août 2021
L'aéroport de Kaboul, le 16 août 2021 - Sputnik Afrique, 1920, 25.10.2021
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D'après les talibans*, la situation actuelle en Afghanistan aurait pu être meilleure en cas de négociations positives avec l'ancien gouvernement, car sa chute "n’était pas dans les intérêts de la population". Cela aurait permis d’éviter également la fuite de nombreux habitants hors du pays.
Deux mois après la prise du pouvoir par les talibans* en Afghanistan, leur porte-parole Zabihullah Mudjahid a estimé auprès de Tolo News que la chute de l’ancien gouvernement ne reflétait pas les intérêts de la population.
Selon lui, la situation aurait été meilleure qu'aujourd'hui si les négociations avaient continué entre les deux parties afghanes et abouti à la fin de la guerre.
"À mon avis, l'Afghanistan y a perdu parce que si la guerre était arrêtée et que nous étions parvenus à mener des négociations importantes, la situation aurait été meilleure et différente qu’aujourd'hui. On aurait pu éviter l’effondrement des institutions et la fuite des gens hors du pays", a-t-il déclaré.
Il a également critiqué Washington pour avoir retiré son aide financière et a déclaré que celui-ci incitait les autres pays à bloquer les leurs et à ne pas reconnaître le gouvernement actuel.

Pourparlers infructueux

Depuis septembre 2020, les délégations du mouvement et des autorités afghanes ont mené des négociations sur le rétablissement de la paix. Simultanément au début du retrait des forces américaines, le 1er mai 2021, les talibans* ont lancé une offensive à l’extrême rapidité.
En juillet dernier, les négociations entre les représentants du mouvement et du gouvernement afghan ont échoué. Les parties se sont entretenues à Doha, capitale qatarie, pour discuter l’échange des prisonniers, la formation d’un gouvernement de coalition et le cessez-le-feu.
Entre autres, Kaboul insistait sur la priorité de la mise en place d’une trêve avant de négocier d’autres sujets, alors que les talibans* exigeaient de créer un gouvernement de coalition qui serait censé inclure les représentants de toutes les forces nationales.

Retour des talibans*

La veille de la prise de Kaboul, ceux-ci ont fait part de leur intention de reprendre le pouvoir via une voie pacifique et ont promis une amnistie générale à tous les fonctionnaires d’État. Les opérations militaires ont cessé le 15 août près des abords de la capitale.
Les talibans* insistaient sur le transfert complet du pouvoir par l’alternance politique, tandis que les autorités afghanes prônaient le passage à un gouvernement par intérim. Le jour même, le Président Ghani a démissionné et fui hors du pays. Les Émirats arabes unis ont déclaré l’accueillir sur leur sol.
La prise de Kaboul par les talibans* a provoqué une panique générale. Des milliers d’Afghans se sont précipités vers l’aéroport de la ville en espérant quitter le pays par crainte de la réinstauration de la loi islamique, comme lors du précédent règne des talibans*, entre 1996 et 2001.

Conséquences sociales

Bien que ceux-ci aient annoncé leur intention d’accorder une attention particulière à la question des droits de l’Homme, la condition des femmes est actuellement loin d’être égale aux normes internationales. Après les avoir appelées à rester temporairement à la maison, ils ont annoncé qu’elles pourront reprendre les cours à l'université, mais dans des classes non mixtes et à condition d’être voilées, tout comme les écolières de primaire.
Abolies après la précédente chute des talibans*, les exécutions publiques dont la lapidation à mort, les amputations et la peine capitale sont de retour. Plusieurs personnes ont déjà été publiquement tuées par pendaison.
"Personne ne nous dira ce que doivent être nos lois. Nous suivrons l'islam et nous ferons nos lois sur la base du Coran", a déclaré le mollah Nooruddin Tourabi auprès d’Associated Press.
Et d’ajouter: "Couper des mains est vraiment nécessaire pour la sécurité".

Reconnaissance

Malgré ses promesses, le nouveau gouvernement n’a pas encore convaincu la communauté internationale quant à la création d’un régime plus modéré que le premier, même s’il assure respecter les droits de l’Homme.
Par conséquent, l’Afghanistan reste pour l’instant isolé diplomatiquement et économiquement sur l’arène internationale. Les aides financières, notamment celles du FMI, sont suspendues, et les comptes bancaires afghans à l’étranger sont gelés.
*Organisation terroriste interdite en Russie
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