Un esprit collectif est-il derrière la diminution du volume du cerveau humain?

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Une image d'un cerveau - Sputnik Afrique, 1920, 23.10.2021
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Après avoir analysé presque un millier de crânes humains, des chercheurs américains en ont conclu que la taille de notre cerveau avait évolué au cours des siècles, grandissant ou diminuant selon les différentes périodes. L’une des raisons pourrait en être la passation de certaines fonctions cérébrales à l'esprit collectif, ressort-il d’une étude.
Le cerveau humain s'est considérablement développé à deux reprises -il y a 2,1 et 1,5 millions d'années-, avant de commencer à rétrécir à nouveau il y a 3.000 ans, affirme une équipe de scientifiques des universités américaines de l'Ohio, de Boston et de Dartmouth College de Hanover dans un article publié dans Frontiers in Ecology and Evolution.
"Le fait surprenant est que nos cerveaux sont plus petits que ceux de nos ancêtres du Pléistocène. La raison pour laquelle la taille de nos cerveaux a diminué est un grand mystère pour les anthropologues", a déclaré l'un des auteurs de la publication, Jeremy DeSilva, du Dartmouth College.
Les scientifiques ont analysé 985 crânes humains fossiles et modernes avant de supposer que cette contraction cérébrale s'était produite parallèlement au transfert d'un certain nombre de fonctions à l'esprit collectif, expliquent-ils.

Les humains et les fourmis auraient des traits en commun

En étudiant le volume et la structure des colonies de différentes espèces de fourmis, ainsi que la physiologie et l'utilisation de l'énergie au niveau de l'individu, les auteurs ont constaté que le cerveau des insectes des colonies très organisées était plus petit par rapport à leur corps que dans les communautés plus laxistes.
Les scientifiques supposent que dans les groupes sociaux de fourmis, où les responsabilités sont clairement réparties et où la prise de décision est dévolue à l'esprit collectif, le cerveau des insectes a diminué pour devenir plus économe en énergie. Ils ont fait le parallèle avec l'espèce humaine.
Bien que les communautés de fourmis et d'humains diffèrent à bien des égards, les chercheurs pensent qu'elles partagent des caractéristiques communes, telles que la prise de décision en groupe, la division du travail et la production partagée de nourriture.
Ces caractéristiques n'ont cependant pas toujours été propres à l'Homme, mais sont apparues exactement entre les ères du Pléistocène et de l'Holocène, lorsque nos ancêtres sont passés d'une structure sociale fondée sur le clan à une tribale. C’est là que c’est également produit un changement dans la taille du cerveau.

Le cerveau s’apprête-t-il à diminuer encore une fois?

Les chercheurs suggèrent qu'à l'avenir, l'externalisation croissante des connaissances, qui nécessite de moins en moins d'énergie pour stocker individuellement de grandes quantités d'informations, pourrait entraîner de nouvelles réductions cérébrales.
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