Macron explique son refus de baisser les taxes sur le carburant

© AFP 2022 ARIS OIKONOMOUEmmanuel Macron, le 22 octobre à Bruxelles
Emmanuel Macron, le 22 octobre à Bruxelles - Sputnik Afrique, 1920, 23.10.2021
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Baisser les taxes sur les carburants au lieu de verser "l’indemnité inflation" à certains Français reviendrait trop cher à l’État et ne respecterait pas la stratégie de la transition énergétique, a déclaré Emmanuel Macron. Il a également pointé la nécessité d’appliquer une mesure ciblée et non une qui concernerait toute la population.
Alors que l’opposition et certains spécialistes critiquent le chèque carburant annoncé par le gouvernement, Emmanuel Macron, en intervenant le 22 octobre au Conseil européen à Bruxelles, est revenu sur les facteurs qui induisent sa mise en place visant à accompagner plus de la moitié de la population sur fond de cette hausse des prix des énergies.
Dans un premier temps, le Président français a pointé que les manipulations de la TVA n’étaient "pas possibles en droit européen".
Ensuite, l’éventuelle baisse reviendrait "beaucoup plus cher" à l’État que la distribution de l’"indemnité inflation" de 100 euros à 38 millions de Français (plus de 56%) qui gagnent moins de 2.000 euros par mois.
"Tous ceux qui appellent à la sagesse en termes de finances publiques seraient bien inspirés de regarder combien coûte cette baisse", a-t-il martelé.
Selon le chef de l’État, la mesure qui doit alléger cette crise énergétique ne peut pas concerner l’ensemble de la population: "Quand vous baissez les fiscalités sur les carburants, vous les baissez pour tout le monde", a-t-il rappelé. "Je considère que ce qu'a décidé le gouvernement est plus juste et mieux ciblé. Si on veut accompagner le pouvoir d'achat, mieux vaut avoir un instrument plus ciblé qu'un instrument général".
En cherchant à "protéger les concitoyens les plus vulnérables et les entreprises les plus petites", le gouvernement adopte cette prime tout en restant en conformité avec les deux objectifs primordiaux: l’accélération de la décarbonisation et le renforcement de l’indépendance énergétique du pays, poursuit Emmanuel Macron.
"Je suis surpris de voir des gens qui nous disent que l'on devrait aller beaucoup plus vite et fort sur le climat, avec comme conséquence l'augmentation des prix des énergies fossiles, et qui, dès que ces prix augmentent, nous disent qu'il faut baisser les taxes."
Enfin, il a averti de la stagnation des prix à la pompe à un niveau élevé pour les prochains mois, conditionnée par la transition énergétique, et a rappelé l’importance de l’accompagnement des foyers les plus modestes: "La meilleure manière de régler cette crise, c'est d'intensifier la politique d'aide à la transition que nous menons".

La réforme énergétique et le pouvoir d’achat

La transition énergétique, dont les engagements européens sont inscrits dans la loi de 2015, ne figure toutefois pas dans le "top trois" des plus fortes préoccupations des Français, selon une étude Elabe réalisée pour BFM TV et publiée le 20 octobre.
Pour 45% des personnes interrogées, le pouvoir d'achat fait partie des trois thèmes qui compteront le plus dans l'élection à venir. Près de six Français sur dix (57%) ont déclaré avoir le sentiment qu'il a, pour eux, baissé depuis 2017.
En seconde position se trouvent la sécurité (30% parmi les trois premiers thèmes, 10% en premier), puis l'immigration (27%/9%). L’environnement et l’écologie occupent la cinquième place (11% jugeant que ce sujet est le plus important, 25% en deuxième et troisième places).
En France, les taxes sur les carburants représentent près d'un euro dans un litre de sans-plomb 95 et près de 90 centimes dans un litre de gazole, soit environ 60% de leurs prix, selon l’Union française des industries pétrolières (UFIP).
Comme les prix de SP-95 ont augmenté de 27 centimes depuis le début de l’année et de 28 centimes pour le diesel, la hausse moyenne s’avère nettement supérieure aux 100 euros de la prime, selon les calculs de L’Indépendant.
Depuis le 1er janvier, le SP-95 est revenu 232 euros plus cher aux Français alors que le diesel leur a déjà coûté 199 euros plus cher. Pour réaliser ces estimations, le quotidien est parti du chiffre moyen évoqué par le Premier ministre sur la distance moyenne de 14.000 kilomètres parcourue par un Français par an. La consommation moyenne des véhicules était estimée à 7,31 litres pour 100 kilomètres pour les véhicules roulant au SP-95 et de 6,07 litres pour 100 kilomètres pour les véhicules diesel.

À quoi ressemble cette indemnité?

La somme défiscalisée sera versée en une seule fois et automatiquement sans besoin d’aucune démarche, a expliqué Jean Castex.
Les salariés seront les premiers à la toucher de la part des employeurs dès fin décembre, alors que les retraités, les indépendants, les apprentis, les étudiants boursiers et ceux fiscalement autonomes touchant moins de 2.000 euros, la recevront entre janvier et février.
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