Des professeurs menacés de décapitation dans un lycée de Valence

salle de classe - Sputnik Afrique, 1920, 23.10.2021
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La France vient à peine de commémorer la mort de Samuel Paty qu’un nouveau tag menaçant des professeurs de décapitation a été réalisé le 21 octobre à l’intérieur d’un lycée de la Drôme. Et ce, alors même qu’un syndicat critique la mauvaise application des mesures de protection des enseignants prises par le gouvernement.
Un tag menaçant des enseignants de décapitation a été retrouvé le 21 octobre au lycée Gustave-Jaume de Pierrelatte (Drôme), rapporte France Bleu.
"Tous les profs je vais vous décapiter", "Ni**e les islamophobes", indiquaient des graffiti sur la porte des toilettes des garçons. Ils ont été effacés dans la foulée de leur découverte qui s’est faite en tout début d'après-midi, une semaine après les hommages rendus à Samuel Paty qui avait été décapité il y a un an près de son lycée de Conflans-Sainte-Honorine, pour avoir montré des caricatures de Mahomet en classe.
Le proviseur a porté plainte.

"Est-ce que qu'il a une signification? S'agit-il d'une bêtise? En tout cas, il nous met automatiquement en alerte", s’interroge auprès de France Bleu le directeur académique de la Drôme, Pascal Clément.

Dans un message adressé en interne au personnel enseignant, il a appelé à faire preuve de prudence, car bien que ces menaces ne cachent pas nécessairement de véritables intentions, "on ne sait pas le degré de véracité du propos".

"La meilleure façon de traiter, c'est d'informer, c'est que chacun soit en éveil", affirme à la radio le directeur académique.

En outre, quelques jours plutôt, dans le même lycée, un individu cagoulé est entré dans une classe, en plein cours, et a lancé une chaise en direction de l'enseignant avant de prendre la fuite. Le professeur a réussi à l’esquiver.

L’intensification des faits

Ces faits ressemblent à d’autres cas signalés ce mois-ci. Il s’agit notamment d’un collégien qui a menacé début octobre d’égorger son professeur d’histoire-géographie "pour une histoire de copie non rendue", au collège Lucie et Raymond Aubrac, situé à Pont-Sainte-Maxence (Oise), indique Le Courrier picard.
Le 8 octobre, un couple d'enseignants marseillais a reçu des lettres de menaces à son domicile, dont l'une avec une photo du professeur assassiné le 16 octobre 2020.
Le 20 octobre, deux adolescents ont été interpellés après avoir proféré des menaces de mort à l’encontre de plusieurs élèves et d’une enseignante du lycée de Gerland à Lyon.

Des mesures prises par l’exécutif

Depuis, plusieurs mesures ont été adoptées puis mises en place pour protéger et rassurer les enseignants.
Adopté le 24 août, l'amendement dit "Samuel Paty" punit de trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende "le fait d'entraver, d'une manière concertée et à l'aide de menaces, l'exercice de la fonction d'enseignant". La diffusion d'informations personnelles "dans un but malveillant" (nom ou photo) sera également poursuivie.
Outre les mesures législatives, le gouvernement a souligné l’importance de renforcer la protection attribuée aux professeurs de l'Éducation nationale.
"Dans le cas de l'affaire Samuel Paty, il n'est pas dit que l'institution soit en faute car pour obtenir cette protection juridique, l'enseignant est tenu de la demander", explique sur France 24 Jean-Michel Harvier, professeur d'histoire géographie et responsable juridique au Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-FSU).

"Par contre, lorsqu'un enseignant la demande il doit l'obtenir systématiquement. Or, c'est loin d'être le cas. Malgré le rappel du gouvernement qui stipule que la protection fonctionnelle doit être octroyée sans délai, nous recevons encore de nombreux appels de professeurs dont les demandes restent lettre morte. Cette assistance demeure encore aujourd'hui défaillante”.

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