Démissions massives aux Restos du Cœur après avoir refusé de servir des migrants agressifs

© AFP 2022 NICOLAS TUCATLes Restos du Coeur
Les Restos du Coeur - Sputnik Afrique, 1920, 23.10.2021
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Scandale dans le milieu de l’humanitaire. Les bénévoles des Restos du Cœur de Fréjus dans le Var ont préféré démissionner plutôt que de servir des sans-papiers, selon une information de Var-Matin.
Comme un air de révolte dans le milieu humanitaire. Depuis quelques mois, les bénévoles des Restos du Cœur de Fréjus avaient décidé de mener la fronde en refusant de servir des clandestins. Selon le quotidien Var-Matin, depuis le début de la crise sanitaire, cet affront des bénévoles de ne plus servir les personnes en situation irrégulière a fortement déplu à la direction départementale qui rappelle que lorsque l’on est bénévole au sein de l’association, il faut respecter la charte qui stipule le "respect et la solidarité envers toutes les personnes démunies". Au micro de BFM TV, Daniel Ravel, délégué régional des Restos du Cœur pour la région Sud, a indiqué leur avoir demandé depuis quatre ou cinq mois de bien réfléchir à leur engagement. Une réflexion qui s’est soldée par la démission de la quasi-totalité des effectifs.

Des individus menaçants, selon les ex-bénévoles

Face à la polémique naissante, les ex-bénévoles ont contre-attaqué en expliquant auprès de Var-Matin les raisons qui les ont poussés à prendre cette décision. Chantal, membre des Restos du Cœur, s’est défendue d’être raciste contrairement à ce qu’indiquent les nombreux commentaires hostiles sur Facebook.
"On se sent insultés, car cela ne correspond pas à la réalité. Africains, Russes, Afghans… Nous avons toujours accueilli tout le monde sans aucune distinction. Tous les bénéficiaires le savent. D’ailleurs certains ont pleuré quand nous leur avons annoncé notre départ. Nous n’avons pas démissionné de gaîté de cœur. Cet engagement au sein de l’association était toute notre vie. Aujourd’hui, les Restos du Cœur ont beaucoup changé."
Quant à Hervé, l’ancien responsable du centre de Fréjus, il a affirmé que cette décision de ne plus servir les migrants est motivée par l’agressivité de certains bénéficiaires. Selon lui, il y a deux ans, certains sont devenus agressifs et un bénévole a même reçu une boîte de conserve en plein visage. Face à la gravité de cet incident, il a décidé de penser à la sécurité de ses équipes afin de se prémunir de tout risque d’accident. C’est pourquoi il explique auprès du quotidien local varois avoir pris la décision de les servir uniquement accompagné de leur travailleur social, ce qui est impossible étant donné qu’un migrant n’est suivi par aucun travailleur social, d’où l’impossibilité de servir ces personnes. Hervé assure avoir malgré tout fourni des colis de dépannage, mais lors de l’assemblée générale de l’association en septembre 2021, on lui a posé un ultimatum qui l’a finalement conduit à prendre la décision de démissionner. Enfin, les protagonistes interviewés par Var-Matin réfléchissent actuellement à créer leur propre association caritative.

Quid des 200 bénéficiaires

Cette nouvelle tombe mal pour les 200 familles qui bénéficient de l’aide de l’association alors que la période hivernale va bientôt commencer. Claudine Delompré, directrice du centre de Roquebrune sur Argens a dû prendre les commandes du centre en urgence. Auprès de Var-Matin, cette dernière refuse de commenter ce qui s’est passé, préférant se concentrer sur le plus urgent: trouver des bénévoles afin d’assurer les distributions. Si le 19 octobre dernier elle a pu compter sur des renforts venus de Toulon et du Muy, elle ne sait pas encore si elle sera en mesure d’assurer la prochaine distribution.

Soutien inconditionnel de David Rachline

Le maire Rassemblement national (RN) de Fréjus David Rachline a déclaré auprès de Var-Matin qu’il apportait son soutien aux bénévoles démissionnaires.
"Je suis solidaire d’eux. Ces acteurs sociaux bénévoles se sont fait violenter et agresser. Les conditions de sécurité ne sont plus remplies pour qu’ils fassent leur travail sereinement. Leur hiérarchie leur tape dessus. J’en suis bouche bée. Le préalable est un retour à une forme d’ordre. La présence de quelques sans-papiers semble poser problème. Cela en surprendra peut-être quelques-uns, mais moi ça ne me surprend pas. Je comprends donc tout à fait leur réaction. Ces bénévoles sont sérieux et généreux et la ville prend sa part pour les aider, via ses subventions. Nous ne regardons jamais qui sont les bénéficiaires. Les bénévoles attendaient simplement un peu de soutien de la part de leur hiérarchie. Leur direction a complètement perdu le sens des réalités et ne sait pas ce qui se passe réellement sur le terrain."
Ce dernier, sur le plateau de BFM TV, a réitéré son soutien à l’égard des ex-bénévoles et affirmé qu’il n’interférera pas dans le travail des associations et appelé le gouvernement à faire son travail et expulser les sans-papiers.
De la même manière, le conseiller régional RN Provence-Alpes-Côte d’Azur Amaury Navarranne se demande si "l’accueil inconditionnel doit se faire au péril des nôtres".
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