"Ainsi la justice sera faite": Emmanuel Macron et des députés LREM menacés de mort

© AFP 2022 NICOLAS TUCATUne scène avec l'écran montrant "Majorité présidentielle", lors du "Campus 2021" organisé par LREM, le 2 octobre 2021
Une scène avec l'écran montrant Majorité présidentielle, lors du Campus 2021 organisé par LREM, le 2 octobre 2021 - Sputnik Afrique, 1920, 22.10.2021
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"Ce qui va vous tuer physiquement, vous et Macron, n’est pas le coronavirus, mais les conséquences de vos propres actes", indique le texte d’un mail relayé par les députés de la majorité Thomas Rudigoz et Loïc Kervran, menacés de "finir comme le député britannique". Les deux élus ont annoncé porter plainte.
Sur fond de débats sur la prolongation du pass sanitaire jusqu’au mois de juillet 2022, deux députés LREM ont reçu un mail comportant des menaces de mort.
"Il ne suffit que d’un couteau ou d’une balle selon le mode opératoire" et "ainsi la justice sera faite", indique le texte relayé par Thomas Rudigoz, député du Rhône, et par Loïc Kervran, député du Cher, sur leurs comptes Twitter, au lendemain du vote à l’Assemblée pour le projet de loi "vigilance sanitaire" qui doit donner la possibilité de recourir au pass sanitaire jusqu’au 31 juillet 2021.

"À force de tirer sur la corde avec vos histoires de coronavirus, vous risqueriez bien de finir comme le député britannique", poursuit le message, faisant ainsi référence au sort du député britannique David Amess, assassiné le 15 octobre à Londres par un individu soupçonné de radicalisation.

L’auteur, anonyme, prend également pour cible le Président de la République:
"Ce qui va vous tuer physiquement, vous et Macron, n’est pas le coronavirus, mais les conséquences de vos propres actes."
Tous deux ont annoncé déposer plainte, car ces propos "ne devraient pas avoir leur place dans notre démocratie", a ajouté M.Kervran, membre du groupe Agir.
Thomas Rudigoz, qui exerce également les fonctions de maire du Ve arrondissement de Lyon, est ainsi pris pour cible une nouvelle fois. En juillet, il avait reçu des menaces en raison de son soutien à la stratégie vaccinale. En septembre, sa permanence lyonnaise avait été taguée de messages anti-pass sanitaire.

Les menaces se multiplient

Depuis l’annonce de l’extension du pass sanitaire en juillet dernier, de nombreux élus sont visés par des menaces et des injures. Une enquête pour "menaces de mort à l’encontre de personnes investies d’un mandat public" a été ouverte par le parquet de Paris, lequel n’a pas révélé les noms des députés concernés.
Certains élus, notamment Patricia Mirallès (Hérault), Alexandre Freschi (Lot-et-Garonne) et Jean-Marc Zulesi (Bouches-du-Rhône), ont toutefois publié des extraits des messages menaçants sur les réseaux sociaux.
Des menaces ont également été proférées contre des élus du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, des menaces visant leur proposition de rendre la vaccination obligatoire, dont le texte avait été déposé fin août et rejeté en octobre au Sénat.
"J’ai reçu par centaines des injures et des menaces de mort par rapport à ce texte sur la vaccination obligatoire. Beaucoup d’arguments étaient d’un égoïsme effréné", a confié Patrick Kanner à Public Sénat. Quelques sénateurs ont aussi été visés.

Controverse sur le projet de loi "vigilance sanitaire"

Il s’agit du troisième projet de loi portant sur la situation sanitaire en cinq mois. Adopté dans la nuit du 20 au 21 octobre à l’Assemblée nationale, il autorise le gouvernement à imposer le pass sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022. Seules 10 voix d’écart (135 voix pour et 125 contre) ont favorisé son adoption. La prochaine étape de son examen est prévue le 28 octobre au Sénat.
"Il n’est pas question de donner un blanc-seing jusqu’au 31 juillet 2022, il faut que cela soit sous le contrôle du Parlement", a martelé le 19 octobre le président Les Républicains (LR) du Sénat Gérard Larcher sur Franceinfo. Plusieurs députés, dont Lamia El Aaraje (Parti socialiste), Antoine Savignat (LR), Pierre Dharréville (Parti communiste) s’y sont opposés, pointant l’absence de moyens de contrôle, que ce projet de loi entraîne, une temporalité trop longue et une atteinte à la démocratie.
Selon un sondage d’Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro, réalisé les 20 et 21 septembre, six Français sur 10 sont favorables à la nouvelle prolongation si "la situation sanitaire le nécessite". La même proportion refuse l’idée de conditionner le pass aux personnes qui auraient reçu un vaccin de rappel.
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