Paris appelle Alger à respecter sa souveraineté après des remarques de l'ambassadeur algérien

© Sputnik . Oxana BobrovitchLa tour Eiffel , vue aérienne de Paris
La tour Eiffel , vue aérienne de Paris - Sputnik Afrique, 1920, 20.10.2021
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Paris a appelé mercredi 20 octobre au "respect" de sa souveraineté par Alger, après que l'ambassadeur d'Algérie en France a incité la communauté algérienne à "constituer un levier de commande" pour intervenir dans la "vie politique française".
"Le ministre de l'Europe et des affaires étrangères a rappelé la semaine dernière le profond attachement de la France au respect de la souveraineté algérienne. Il va de soi que nous attendons aussi de tous nos partenaires le respect de notre souveraineté", a réagi le Quai d'Orsay.
Jeudi dernier, l'ambassadeur d'Algérie en France, Mohamed Antar Daoud, avait appelé la communauté algérienne de France à s'investir tant en Algérie qu'en France.
"Il est inadmissible que l'Algérie qui possède la plus grande communauté étrangère en France avec 18 consulats, ne puisse pas constituer un levier de commande pour intervenir non seulement dans la politique algérienne, mais (aussi) au niveau de la politique française", avait-il déclaré à l'occasion d'une commémoration du massacre du 17 octobre 1961.

Relations tendues

Ces échanges surviennent dans un contexte tendu entre Paris et Alger, après les propos d'Emmanuel Macron rapportés par le quotidien français Le Monde, par lesquels le Président accusait le système "politico-militaire" algérien d'entretenir une "rente mémorielle" en servant à son peuple une "histoire officielle" qui "ne s'appuie pas sur des vérités".
Les relations entre Paris et Alger sont toujours hantées par la guerre d'Algérie, qui a opposé l'État français aux indépendantistes algériens de 1954 à 1962.
Alors qu'approchent des anniversaires importants, comme ceux des accords d'Évian du 18 mars 1962 qui ont mis fin au conflit, Emmanuel Macron a multiplié les initiatives, dans une démarche inédite en France pour tenter d'apaiser les mémoires sur ce sujet qui touche encore des millions de personnes.
Il a notamment commandé à l'historien Benjamin Stora un rapport sur la question et fait plusieurs gestes symboliques en direction de l'Algérie, comme la restitution de restes de combattants indépendantistes du XIXe siècle ou la reconnaissance de l'assassinat de l'avocat algérien Ali Boumendjel en 1957.
Samedi, le Président français a dénoncé pour la première fois des "crimes inexcusables pour la République", à l'occasion d'une cérémonie officielle pour les 60 ans du massacre par la police française de manifestants algériens le 17 octobre 1961 à Paris.
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