Un an après Samuel Paty, le sursaut n’a pas suffisamment eu lieu en France, selon Bruno Retailleau

© AFP 2022 THOMAS COEXSamuel Paty
Samuel Paty - Sputnik Afrique, 1920, 19.10.2021
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Invité sur Europe 1 à commenter les menaces de mort reçues par un couple d’enseignants à Marseille, Bruno Retailleau a jugé que le gouvernement n’avait pas agi suffisamment contre l’islamisme depuis un an et a énuméré les solutions à apporter.
Alors que les établissements scolaires ont rendu hommage vendredi dernier à Samuel Paty, décapité il y a un an, le président du groupe Les Républicains au Sénat Bruno Retailleau dresse sur Europe 1 un premier constat de la lutte du gouvernement contre l’islamisme. Un couple d’enseignants à Marseille a récemment reçu des menaces de mort avec une photo de M.Paty.
Il estime d’abord qu’il n’y pas eu suffisamment de sursaut en France sur le sujet depuis un an, rappelant la "fatwa" lancée contre ces enseignants.
"On n’a pas perdu la guerre heureusement, mais on a perdu la bataille de cette gangrène islamiste qui a aussi gangréné l’école", déplore-t-il.
Selon lui, le "pas de vagues" employé dans le milieu scolaire a "ouvert grandes les portes à l’islamisme".
Malgré les promesses de Jean-Michel Blanquer, le sénateur affirme se "méfier des mots" du gouvernement, et attend des résultats concrets. Il rappelle par ailleurs que le ministre de l’Éducation s’était opposé au texte passé au Sénat qui prévoyait l’interdiction des signes ostentatoires pour les accompagnateurs de sorties scolaires.

Mesures

Bruno Retailleau présente la lutte contre l’islamiste comme "le combat d’une génération" à mener sur plusieurs fronts. "Il faut une réponse judiciaire, de la prison et non pas des rappels à la loi, y compris pour les mineurs. Il faut aussi reconquérir nos quartiers, y compris par des mesures symboliques", poursuit-il, citant le port du voile pour les petites filles.
Il évoque finalement un combat "des esprits", notamment "mémoriels". À ce titre, il critique la posture d’Emmanuel Macron selon laquelle "la France doit faire pénitence parce qu’elle est coupable". "Comment voulez-vous proposer à tous ces jeunes un projet qui leur fasse aimer la France?", interroge-t-il.

Menaces sur les enseignants

À Marseille, une enquête a été ouverte en septembre après qu’un couple d’enseignants a reçu une lettre de menaces de mort, ainsi qu’une photo de Samuel Paty. Un dispositif de sécurité a été mis en place par la police. Ces menaces ont été réitérées par courrier le 16 octobre, juste un an après l’assassinat du professeur par un jeune islamiste qui lui avait reproché d’avoir montré des caricatures du prophète Mahomet en classe.
"À ce stade aucun élément ne permet de relier ces faits à un cours donné par l'un des enseignants", a déclaré à l’AFP la procureure de Marseille Dominique Laurens.
Le 14 octobre, le professeur de philosophie Didier Lemaire a affirmé sur CNews que "rien n’a changé depuis Samuel Paty", précisant que d’autres enseignants restent menacés de mort sans être protégés. Lui-même avait été menacé lorsqu’il enseignait à Trappes, dénonçant publiquement que la ville était "perdue, tombée aux mains des islamistes". Il dénonce toujours aujourd’hui un "renoncement total" des autorités sur ce sujet.
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