Régime présidentiel ou parlementaire? Erdogan et Merkel discutent des formes du pouvoir

© AFP 2022 JOHN MACDOUGALL Recep Tayyip Erdogan et Angela Merkel
Recep Tayyip Erdogan et Angela Merkel - Sputnik Afrique, 1920, 16.10.2021
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Dans le cadre de sa tournée d'adieu après 16 ans à la tête de l’Allemagne, Angela Merkel s’est rendue en Turquie où elle a eu un entretien avec Recep Tayyip Erdogan qui a donné lieu non seulement à l’examen de nombreux dossiers, mais aussi à une discussion sur les avantages et les défauts de la démocratie parlementaire et du régime présidentiel.
Recep Tayyip Erdogan et Angela Merkel, qui effectue sa dernière visite de travail en Turquie en qualité de chancelière allemande, sont entrés ce samedi 16 octobre en discussion au sujet des inconvénients de la démocratie parlementaire en Allemagne.
"Les relations turco-allemandes ont connu une période positive pendant le mandat d’Angela Merkel. Mais il n’est jamais facile de travailler avec un gouvernement de coalition. La Turquie a connu avec lui beaucoup de problèmes, mais le passage au régime présidentiel a permis de les éliminer pour commencer à travailler intensément", a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse conjointe avec son invitée.
Angela Merkel a indiqué pour sa part qu'un gouvernement de coalition convenait très bien à l'Allemagne et que son pays "n’avait pas l’intention de passer à un système présidentiel".
Le Président lui a alors rappelé que, lors de négociations avec lui, elle s’était plainte de difficultés avec le gouvernement de coalition.
"C'est vrai, mais c'est la vie", a reconnu la chancelière.
"Mon petit-fils le dit aussi: +Grand-père, il n’y a rien à faire, c'est la vie!+", a répondu Recep Tayyip Erdogan en souriant.

Syrie et migrants à l’ordre du jour

M.Erdogan a par ailleurs exprimé l'espoir que les relations bilatérales seraient également constructives avec le nouveau gouvernement allemand.
"Nous avons étroitement dialogué pendant 16 ans [la durée du mandat de Merkel, ndlr]. Angela Merkel a toujours fait preuve d'une approche constructive. Nos rapports bilatéraux ont régulièrement connu des problèmes, mais les difficultés ont toujours pu être surmontées. Angela Merkel a apporté une grande contribution dans la solution des problèmes régionaux, à commencer par la Syrie […] Je la remercie", a déclaré Recep Tayyip Erdogan aux journalistes.
Il a souligné qu’Ankara "se souviendrait des efforts d’Angela Merkel" axés sur la levée des barrières dans la voie de la Turquie vers l’UE, ajoutant que les échanges entre les deux pays devraient atteindre prochainement 50 milliards de dollars (environ 43 milliards d’euros).
Les interlocuteurs ont abordé en détail la question de la migration, l’une des principales entre l'Union européenne et Ankara. Le Président turc a affirmé que son pays était devenu une véritable "guest-house" pour les migrants qui sont arrivés au nombre de 3,5 millions pour les Syriens et de 300.000 pour les Afghans.
"Nous continuerons de les accueillir […] en construisant des maisonnettes en brique. Nous avons terminé la construction de 60.000 maisonnettes et notre objectif est d’atteindre 100.000", a-t-il noté.
Angela Merkel s’est félicitée qu’Ankara se charge de "cette tâche importante" et a affirmé que l’Europe continuera de soutenir la Turquie. Elle a estimé l’aide de l’UE nécessaire et rappelé que l’Europe avait déjà débloqué 4,5 milliards d'euros sur les six milliards convenus dans le cadre de ce dossier.

Tensions Berlin-Ankara

Les relations entre les deux pays avaient connu des problèmes après la tentative de coup d’État de juillet 2016 en Turquie qui a été suivie d’arrestations et renvois tant dans le secteur militaire que dans celui de la justice, de la santé ou des médias.
Par la suite, la tension est montée d’un cran à la fin de l’année dernière, lorsque les dirigeants européens ont imposé des sanctions ciblées contre Ankara pour ses "actions unilatérales et provocations" en Méditerranée orientale.
Dans cette zone riche en ressources gazières, un bras de fer a été engagé entre la Grèce, Chypre et la Turquie. Cette dernière y contestait le tracé des frontières maritimes en dépêchant dans le secteur des navires pour des travaux d'exploration.
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