Talibans au pouvoir en Afghanistan

Poutine commente l’idée de reconnaître officiellement le gouvernement des talibans

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Vladimir Poutine (photo d'archives) - Sputnik Afrique, 1920, 15.10.2021
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Deux mois après la prise du pouvoir en Afghanistan par les talibans*, Vladimir Poutine revient sur la situation dans le pays pour commenter avec prudence l’idée de reconnaître le gouvernement formé par ce mouvement islamique. D’ailleurs, Washington ne se hâte pas non plus à légitimer les talibans* tout en optant pour un dialogue pragmatique.
Il ne faut pas trop se hâter dans la reconnaissance officielle des talibans*, bien qu'il soit nécessaire d'interagir avec eux, a déclaré ce vendredi 15 octobre Vladimir Poutine lors du conseil des dirigeants de la Communauté des États indépendants (CEI).

"Nous comprenons que nous devons interagir avec eux, mais il ne faut pas se précipiter [pour ce qui est de la reconnaissance des talibans*]. Nous discuterons ensemble, nous vous consulterons", a indiqué M.Poutine.

Cette déclaration survient trois jours après la rencontre d’une délégation conjointe des États-Unis et de l'Union européenne (UE) à Doha avec les talibans*. Le même jour, le 12 octobre, depuis Washington, Ned Price, porte-parole de la diplomatie américaine, a prévenu qu’il ne s’agit pas d’une reconnaissance ou d’une légitimation des talibans*, mais plutôt d’un "dialogue pragmatique, pratique".
"Les talibans* recherchent une légitimité et un soutien internationaux. Notre message est: toute légitimité et tout soutien devront être gagnés", a indiqué le 12 octobre Antony Blinken, secrétaire d'État des États-Unis.
Le 12 octobre également, lors d'un sommet virtuel du G20, l'UE a promis un milliard d'euros pour les besoins humanitaires urgents de l’Afghanistan, à savoir les vaccinations, l'hébergement, la protection des civils et des droits humains.

Gouvernement de transition

"Le gouvernement de transition mis en place par les talibans* ne représente malheureusement pas toutes les couches de la société afghane", a avancé le Président russe.

"Nous allons, avec les pays de la CEI, surveiller ce processus pour que les promesses soient suivies des actes", a-t-il également déclaré, en référence aux déclarations des talibans* sur leur volonté de tenir des élections et de normaliser le fonctionnement de l’administration publique.

Problème des drogues

Depuis la prise du pouvoir par les talibans* mi-août, le pays se trouve dans une crise économique et humanitaire. La production et la contrebande de drogue en provenance d'Afghanistan restent un problème important, les talibans* ne seraient pas prêts de renoncer à cette source de revenus, d’après le leader russe.
"Le problème de la production et de la contrebande de drogue en provenance d’Afghanistan est toujours extrêmement difficile […]. Le pays reste le plus grand fournisseur d'opiacés au monde [représentant] jusqu'à 90% du volume du marché mondial. Malgré les promesses de lutter contre la production de drogue, en réalité, je ne sais pas si les talibans* y parviendront, s’ils veulent le faire ou non", a-t-il remarqué, ajoutant qu’auparavant ils avaient su régler ce problème avec succès.

"Actuellement, il ne sera pas facile de renoncer à une telle source de revenus, surtout dans le contexte de crise de l'économie afghane", a-t-il avancé.

*Organisation terroriste interdite en Russie.
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