La préfecture des Bouches-du-Rhône évoque les "résultats inédits" de la lutte contre la drogue

© AFP 2022 GERARD JULIENDes policiers français
Des policiers français - Sputnik Afrique, 1920, 12.10.2021
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Alors que le 3 octobre des agents de la BAC Nord ont été visés par des tirs de Kalachnikov dans le XVe arrondissement de Marseille, Frédérique Camilleri, préfète de police des Bouches-du-Rhône, a assuré lundi 11 octobre que la police était "partout chez elle dans les cités marseillaises" et qu’il n’y a pas "de zone de non-droit" à Marseille.
La guerre contre les stupéfiants se poursuit à Marseille. Des "résultats inédits" ont été annoncés lundi 11 octobre par Frédérique Camilleri, préfète de police des Bouches-du-Rhône. Dans une interview accordée à BFM TV, elle a notamment déclaré que 1.000 trafiquants avaient été interpellés depuis le début de l’année, soit une hausse de 50% par rapport à 2019, année de référence.
Si le 3 octobre des policiers de la Brigade anticriminalité (BAC) Nord ont essuyé des tirs de Kalachnikov dans le XVe arrondissement de Marseille où, le même jour, un de leurs collègues de la brigade spécialisée de terrain (BST) a été visé par des jets de projectiles, dont des pavés et des boules de pétanque, la haute fonctionnaire reste optimiste et assure que les forces de l’ordre interviennent "tous les jours, partout" et la police est "partout chez elle dans les cités marseillaises".
"Évidemment, parfois il y a des actes de violence, et il y en a eu quelques-uns ces derniers jours, dans les cités marseillaises à l'encontre des policiers. Et ce que je vois, ce sont des policiers courageux qui n'hésitent pas dans ces cas-là à revenir, à chaque fois, à refaire leur mission, aller interpeller les trafiquants, les déférer devant la justice pour qu'ils répondent de leurs actes. Il n'y a pas de zone de non-droit à Marseille et c’est un travail quotidien de pilonnage de ces trafics de stup que nous menons avec les policiers à Marseille", a-t-elle souligné.
Quant à la circulation des armes dans la cité phocéenne, Mme Camilleri évoque la conséquence de la "montée en puissance de certains réseaux" qui mènent des guerres entre eux. Selon elle, la police saisit près de 400 pièces par an, dont des armes longues et des armes de poing.
La guerre contre les stupéfiants
Le 6 octobre, la préfète avait déjà promis sur RTL que la police irait tous les jours dans le quartier de la Bricarde, dans le XVe arrondissement, pour "aller chercher les trafiquants et continuer à pilonner les points de deal".
Lors de sa visite à Marseille le 2 septembre, Emmanuel Macron avait annoncé que les forces de police seraient renforcées, de 200 agents en 2022, et que 500 caméras de vidéosurveillance seraient installées dans la ville. "Face à la situation de la drogue, on doit assumer de faire du harcèlement policier et judiciaire. Et pilonner, pilonner, pilonner", avait alors martelé le Président.
Une stratégie efficace?
S’exprimant mi-septembre, sous couvert d’anonymat, un enquêteur de la brigade des stupéfiants qui travaillait depuis sept ans dans les cités des quartiers nord de Marseille a mis en question la stratégie actuelle de la lutte contre les drogues. "La répression comme elle est faite ne fonctionne pas. J'entends parler de guerre contre les stupéfiants, nous, à la brigade des stups, on est tous morts de rire", avait-il alors confié à France Info.
D’après lui, la stratégie visant à démanteler les points de vente ne servait "à rien", car les coups portés n’impactaient pas réellement les trafiquants. Il a évoqué entre autres des détails d’une récente opération: " Combien d’interpellés? Zéro! On leur a pris 30 kilos, mais ils en font 70 par jour.[…] Même si vous interpellez le guetteur qui a 15 ans et le charbonneur [revendeur, ndlr] qui en a 17, ça ne va pas casser le réseau…".
Il a également déploré "la réponse pénale très faible" et a mis en doute l’efficacité de la prison, un "lieu de rencontre" dans le monde des drogues.
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