"Wallah, écarte-toi": une enseignante projetée contre le mur en plein cours par un élève

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La professeure violemment projetée contre le mur en plein cours au lycée professionnel de Combs-la-Ville portera plainte contre l’élève, tandis que ce dernier est temporairement exclu. Un syndicat d’enseignants dénonce la gravité de l’acte, qui est loin d’être isolé.
Suite à l’agression d’une enseignante au lycée professionnel Jacques-Prévert, à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne), Valérie Debuchy, directrice des services de l'Éducation nationale, s’est rendue dans l’établissement pour y rencontrer la victime et l’ensemble du personnel éducatif.
La professeure va être accompagnée au commissariat pour porter plainte, a annoncé Valérie Debuchy auprès de BFM TV le 11 octobre. Une autre plainte contre l’auteur de l’agression va être déposée par l’établissement lui-même. Une dernière va être rédigée, cette fois contre ceux qui ont filmé la scène et l’ont diffusée sur Internet.
La vidéo a fait son apparition sur les réseaux sociaux le 8 octobre, les faits remontant au même jour. Un élève décide de quitter la salle en plein cours. Il se trouve devant la porte, bloquée par sa professeure. Face à son refus d'abdiquer, l’adolescent menace: "Wallah, écarte-toi de ma rue. Eh, le Coran, poussez-vous madame!". Elle répond qu’il est "à l’école" mais il ouvre violemment la porte. Suite à cela l’enseignante se trouve projetée brutalement d’abord contre le mur, puis à terre.
L’agresseur a été exclu temporairement de son établissement et "s’expose à de lourdes sanctions disciplinaires", indique le communiqué de l’Académie de Créteil dont dépend ce lycée. L’enseignante bénéficie d’une "protection fonctionnelle" et d’un soutien psychologique. L’auteur de la vidéo est actuellement recherché.

"Nous souhaitons vraiment qu’il n’y ait aucune impunité et qu’on puisse montrer que l’école de la République ne peut pas être déstabilisée par des phénomènes intolérables d’une violence inouïe", a lâché Valérie Debuchy auprès de BFM TV.

Dès le jour de l’agression, toute l’institution et la hiérarchie ont apporté à la professeure leur "soutien sans faille", a-t-elle fait savoir.

Violence scolaire

L’agression a fait réagir le Snalc, syndicat des personnels de l’Éducation nationale. Dans un communiqué, il dénonce la "gravité de l’acte":

"Pour le Snalc, l’expression violemment bousculée employée par l’Académie de Créteil est loin de donner à voir cette scène, qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques".

Cet acte de violence est loin d’être "isolé", s’insurge le syndicat, les lycées professionnels concentrant un nombre important d’incidents graves.
Ainsi, d’après les chiffres du ministère de l’Éducation nationale dévoilés en février 2021, sur les six premiers mois de l’année scolaire 2019-2020, 13% des "incidents graves" y ont été enregistrés, contre 17% dans les lycées généraux et technologiques (LEGT) et 69% dans les collèges.
Le ministère note toutefois que c’est dans les lycées professionnels que "la plus forte prévalence des incidents" a été enregistrée.
La violence verbale domine (39%), suivie par les actes de violences physiques (31%), puis les atteintes à la vie privée via les réseaux sociaux, les cas de violence sexuelle, de racket ou de bizutage (9%).
Au cours des trois dernières années scolaires le nombre d’incidents graves pour 1.000 élèves reste globalement stable durant le premier semestre, indique le ministère.
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