Les désaccords de Macron et Zemmour sur la relation franco-africaine se renforcent

© AFP 2022 LUDOVIC MARINEmmanuel Macron lors du sommet France Afrique 2021 à Montpellier
Emmanuel Macron lors du sommet France Afrique 2021 à Montpellier - Sputnik Afrique, 1920, 09.10.2021
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Tandis qu’Éric Zemmour prône l’évolution séparée du continent africain et de l’Hexagone, Emmanuel Macron a estimé, lors du sommet France-Afrique à Montpellier, que la France ne pourrait pas évoluer si elle n’assumait pas "sa propre africanité". Il a lancé un appel à la jeunesse africaine pour écrire "une nouvelle page de notre relation".
Après les récentes déclarations d’Éric Zemmour sur l’intention d’Emmanuel Macron de dissoudre la France dans l’Europe et l’Afrique, puis le sommet Afrique-France présidé par le Président à Montpellier, le clivage entre ces deux potentiels candidats à la présidentielle s’accentue.
"L’avenir de l’Afrique et de la France appartient aux jeunes générations. De Ouagadougou à Montpellier, leurs voix portent un souffle d’espoir, une opportunité historique, celle de pouvoir écrire une nouvelle page de notre relation", a déclaré le Président sur son compte Twitter, en relayant une vidéo sur le sommet auquel aucun chef d’État africain n’a participé.
Ses annonces sur de nouveaux partenariats et projets de collaboration s’inscrivent dans son engagement à créer une "nouvelle relation".
La responsabilité de la France dans la colonisation figurait comme l’un des sujets à aborder. Une nouvelle fois, M.Macron a réaffirmé le devoir français envers les pays concernés. Appelé par un blogueur sénégalais pour "demander pardon au continent africain" au sujet des crimes de la colonisation, il a refusé de le faire car, d'après lui, une politique de pardon n’aurait pas de sens:
"Je ne crois pas à une politique de pardon mais de reconnaissance. Mais à une politique qui doit mettre en place un processus de mémoire et d’histoire commune".

Assumer son africanité

En rappelant que "sept millions de Françaises et Français ont une vie intimement liée à l’Afrique", le chef de l’État a estimé qu’"on ne peut pas avoir une France qui construit son propre roman national si elle n’assume pas sa propre africanité".
Il a également annoncé la création d’un Fonds d’innovation pour la démocratie en Afrique, doté de 30 millions d’euros sur trois ans, et la restitution de 26 œuvres d’art au Bénin provenant du "Trésor de Béhanzin", pillé au palais d'Abomey en 1892 pendant les guerres coloniales, en plus de certaines œuvres retournant au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

Réaction de Zemmour

Éric Zemmour n’a pas tardé à réagir sur Twitter. Il a défendu sa position de deux développements indépendants tout en répétant son tacle lancé au Président sur Europe 1 concernant son souhait de "dissoudre la France dans l’Europe et dans l’Afrique".
"Que Ouagadougou reste Ouagadougou et Montpellier reste Montpellier!".
Hostile à l’immigration sans une véritable assimilation, l’essayiste défend toujours la théorie du "grand remplacement" selon laquelle la population française risquerait d'être "remplacée" par celle d'origine africaine et maghrébine.
À défaut de tenir un débat ouvert sur ce sujet, les deux hommes, non encore candidats, attirent les votes et sont qualifiés pour le second tour dans un sondage de Harris Interactive. Emmanuel Macron a par ailleurs implicitement taclé Éric Zemmour sur son envie d’interdire les prénoms étrangers.
"Notre identité ne s’est jamais bâtie sur le rétrécissement, ni à des prénoms ni à des formes de crispations", a-t-il lancé lors d’un discours tenu fin septembre à la Bibliothèque nationale de France.
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