Un implant cérébral pourra-t-il traiter la dépression sévère?

Femme en pleurs - Sputnik Afrique, 1920, 08.10.2021
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Des chercheurs américains ont mis au point un implant cérébral traitant la dépression sévère. Le procédé est qualifié de nouveau paradigme dans le domaine de la psychiatrie. Une seule patiente au monde a subi ce traitement. Elle assure que ses pensées suicidaires ont disparu et que sa vision du monde a changé.
Alors que plus de 350 millions de personnes dans le monde souffrent de dépression, d'après l'OMS, des chercheurs de l'université de Californie à San Francisco (UCSF) parlent de "nouveau paradigme" dans le domaine de la psychiatrie pour traiter ce trouble.

Thérapie sur mesure

Pour l’instant le procédé a été testé sur une seule patiente. Les résultats ont été publiés dans la revue Nature Medicine le 4 octobre.
Les chercheurs ont établi un biomarqueur, schéma spécifique d'activité cérébrale qui indique l'apparition des symptômes de dépression, et lui ont ensuite connecté un appareil de stimulation électrique cérébrale profonde, lequel répond uniquement à ce schéma. Ensuite ils ont implanté l’appareil dans la tête de la patiente. Ainsi l’implant est capable de créer une thérapie immédiate sur mesure qui est unique pour chaque cerveau.
La stimulation cérébrale profonde est utilisée depuis des années pour traiter la maladie de Parkinson, l'épilepsie et les troubles obsessionnels compulsifs. Les chercheurs de l’UCSF sont allés plus loin, en personnalisant le traitement, en ciblant des circuits cérébraux spécifiques et non des régions.

La patiente

La patiente sur laquelle a été testé ce nouveau traitement, âgée de 36 ans, a souffert pendant plusieurs années d’une dépression résistante à tout traitement. L’appareil a été implanté dans sa tête il y a 15 mois.

"J'étais au bout. J'étais gravement déprimée. Je ne me voyais pas continuer", décrit-elle dans l’article publié sur le portail de l’université.

La stimulation sur mesure a soulagé ses symptômes de dépression presque immédiatement, a déclaré Andrew Krystal, professeur de psychiatrie et membre de l'UCSF Weill Institute for Neurosciences, toujours dans l’article publié sur le portail de l’université.

"En quelques semaines, les pensées suicidaires ont disparu. Ensuite, ce n'était qu'un processus graduel, comme si ma vision du monde changeait", a assuré la patiente auprès d’USA Today.

Le futur prometteur

D’après le neurochirurgien Edward Chang, cité par USA Today, qui l’a opérée et a conçu ce type de traitement il y a sept ans, la stimulation cérébrale ne doit pas être une thérapie autonome mais être utilisée en combinaison avec d'autres approches, la rééducation et les médicaments.
"Ce n'est qu'une seule patiente, nous devons donc être prudents. Mais si cela se traduit pour d'autres patients et si les résultats sont durables et probants, alors c'est très excitant", a commenté Andres Lozano, professeur de neurochirurgie à l'Université de Toronto auprès d’USA Today.
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