Moscou critique l’approche "moyenâgeuse" des Européens en Afrique

© Sputnik . Service de presse du ministère russe des Affaires étrangères  / Accéder à la base multimédiaChef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov au siège de l'Onu à New-York
Chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov au siège de l'Onu à New-York - Sputnik Afrique, 1920, 08.10.2021
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Le ministre russe des Affaires étrangères a répondu aux critiques sur la collaboration entre Moscou et certains pays d’Afrique. Il a pointé du doigt une forme d’hypocrisie européenne.
Moscou ne semble guère avoir apprécié les mises en garde européennes, enjoignant à la Russie de ne pas coopérer avec l’Afrique, continent censé être hors de sa sphère d’influence. Ce 8 octobre, Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, a qualifié de "moyenâgeuse" cette approche voulant que la distance soit un frein à la collaboration entre États.
Le ministre des Affaires étrangères a en outre ironisé sur l’hypocrisie d’une Europe qui ne veut pas d’une présence russe en Afrique, alors qu’elle prend elle-même ses aises dans d’autres parties du monde.
"L'Europe veut être la principale en Afrique, la Russie n’y est pas attendue. Mais apparemment la présence européenne est indispensable en Asie centrale, en Transcaucasie, sans parler de nos Républiques voisines. Si vous agissez selon le principe +Vous êtes loin, et ceci est à nous+, c’est le retour au Moyen Âge", a déclaré le ministre.
Mali et néo-colonialisme
Sergueï Lavrov répondait notamment au commentaire de Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, qui avait déclaré que Moscou n’avait pas à collaborer avec l’Afrique, en particulier en matière de sécurité. L’Afrique est "notre endroit", avait déclaré le responsable européen lors d’une rencontre avec son homologue russe.
Ces propos avaient déjà provoqué un tollé fin septembre. Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe, y avait vu un reste de "paradigme colonial", appelant les Européens à respecter le droit international, en particulier la Charte de l’Onu.
Ces crispations avaient notamment pour origine des rumeurs sur une possible présence militaire russe au Mali. Fin septembre, l’agence Reuters avait communiqué sur un potentiel accord entre Bamako et la société militaire privée russe Wagner. Paris et Berlin avaient alors fait part de leurs préoccupations.
Sergueï Lavrov avait finalement confié que le Mali s’était bien adressé à une société militaire russe, devant l’incapacité des troupes françaises à exterminer la menace terroriste. Le Kremlin avait par la suite souligné qu’aucun membre des forces armées russes ne se trouvait sur place.
Ce 7 octobre, l’armée française a admis n’avoir détecté aucune présence du groupe Wagner au Mali, par la voix de Pascal Ianni, porte-parole de l'état-major.
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