"Je pensais qu’il ferait 3%", lance Ménard sur le succès de son ami Zemmour dans les sondages

© AFP 2022 PASCAL GUYOTRober Ménard, maire de Béziers
Rober Ménard, maire de Béziers - Sputnik Afrique, 1920, 08.10.2021
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Exprimant sa surprise face à la montée en puissance d’Éric Zemmour dans les sondages, dont l’un l’a donné au second tour de la présidentielle, le maire Divers droite de Béziers, Robert Ménard, juge que le polémiste doit ce succès à la teneur de ses propos. Or, pour remporter l’élection, il devrait les adoucir, croit-il.
Partageant plusieurs des positions d’Éric Zemmour, Robert Ménard assure ne pas s’aligner sur certaines. Face à Ruth Elkrief sur LCI, ce maire Divers droite de Béziers depuis 2014 revient sur les discours du polémiste qui avance dans les sondages et sur ses chances de remporter l'élection s'il se portait candidat.
"On est ami avec Éric. On s’est vu beaucoup au printemps. Je pensais qu’il ferait 3%. Je le lui ai dit. Je découvre que non, que ce qu’il dit est entendu massivement, […] il y a une vraie dynamique."
Cependant, il doute de la longévité du succès de son ami auprès de la population malgré les sondages. Éric Zemmour s’est en effet pour la première fois qualifié au second tour de la présidentielle, selon un sondage Harris Interactive pour Challenges paru le 7 octobre et a même évincé Marine Le Pen avec 17% des votes.
"Sur le fond de ses prises de position, j'ai des réticences", a précisé l’homme politique qui se rappelle le passé, où, malgré les bons scores de Jean-Marie Le Pen, tout le monde savait qu’il ne serait élu, puisque cela "cornérisait complètement nos idées". "Je ne voudrais pas qu’on en soit là."
"Ce radicalisme vous permet peut-être de faire 17-20% des voix, mais est-ce que ça suffit pour gagner une élection?" a lancé celui qui s’apprête à accueillir son ami pour la promotion de son livre le 16 octobre à Béziers.
Zemmour "fait exploser la droite"
Pour M.Ménard, ce sont les idées énoncées par Éric Zemmour qui trouvent de l’écho:
"Ce qu’il dit est entendu parce qu'il y a une telle insécurité culturelle, il y a tellement le sentiment qu'on n'est plus dans le pays qu'on a aimé".
Plus tôt, Éric Dupond-Moretti avait jugé qu’Éric Zemmour devait sa popularité à "l’ultra-médiatisation dont il bénéficie". Pour le ministre de la Justice, "il n’y a pas un interstice médiatique dans lequel il ne vient pas se glisser".
Bien qu’il ne soit toujours pas candidat, Rober Ménard estime qu’il "fait exploser la droite":
"C’est fini, la droite telle qu'on la connaissait. On peut encore faire semblant avec un congrès, mais tout ça va exploser. Je pense que de tout ça naîtra un grand parti de droite républicaine assumée, autoritaire, libérale et qui ose dire qu'elle est de droite".
Il a par ailleurs fait remarquer que "les gens, tant qu'ils ne nous ont pas vus à l'œuvre, se méfient de nous". À cet égard, il ne cesse de dire à Marine Le Pen "qu’il fallait qu'on rassure les gens, qu’on leur dise que ce ne sera pas la guerre civile demain, que les banlieues n'allaient pas prendre feu, que tous les enseignants n'allaient pas se mettre en grève".
"Je ne veux pas de solution qui divise, qui radicalise, qui font que l'on ne peut plus parler à un certain nombre de gens parce qu'ils se sentent mis en cause", affirme-t-il.
Parallèlement, invité sur Franceinfo, il a fait savoir qu’il voterait Marine Le Pen, parce qu’il "la trouve plus rassurante qu’Éric Zemmour".
"Je me dis en même temps, je ne sais pas comment les choses évoluent. On peut être surpris par les sondages. Je ne suis pas aveugle, je ne suis pas un idéologue. Si demain, l'un est à 8% et l'autre à 20%, il faudra en tirer les conséquences pour ne pas se retrouver sans candidat de notre camp au deuxième tour", a-t-il souligné au micro de la radio.
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