Les Pôle Emploi franciliens musclent leur sécurité à l’entrée en vigueur de la réforme du chômage

© AFP 2022 Pascal Guyot Pôle Emploi
Pôle Emploi - Sputnik Afrique, 1920, 02.10.2021
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Les agents de Pôle Emploi en Île-de-France vont être équipés de bracelets alertes pour faire face à d’éventuelles agressions. Une mesure qui interroge, puisque la réforme de l’assurance chômage qui prévoit une modification du calcul des indemnités est entrée en vigueur le 1er octobre.
Selon une information de France Inter du 30 septembre, 695 bracelets sécurité ont été commandés en région parisienne, en plus d’une centaine de boîtiers dotés d'une sirène multitonalité et d'un flash afin de permettre aux agents de signaler les agressions ou les incivilités. Le mode de fonctionnement de ces dispositifs n’a pas été communiqué par Pôle Emploi afin de ne pas voir leur efficacité réduite. Ils seront utilisés à titre expérimental en région parisienne et distribués dans un premier temps en Seine–Saint-Denis, pour ensuite être distribués dans la capitale. La mise en place de systèmes de vidéosurveillance est aussi à l’étude afin de compléter le dispositif.

Concours de circonstances pour la direction, les syndicats sceptiques

Jean Bassères, directeur de Pôle Emploi, a affirmé dans un communiqué envoyé à la presse qu’il s’agissait de mesures décidées suite au drame de Valence pour assurer la sécurité des usagers et des agents, tout en déplorant qu’elles soient aujourd'hui instrumentalisées dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme de l'assurance chômage.
Il faut dire que l’an dernier, 9.000 signalements d’agressions ou d’incivilités avaient été recensés en 2020 à l’échelle nationale, contre 10.000 en 2019. Les incivilités et les violences contre des agents de Pôle Emploi ne sont pas un phénomène nouveau puisqu'en 2010, 5.500 agressions avaient été recensées. Une augmentation de 20% des agressions au premier trimestre 2011 et la retentissante prise d’otage d’une directrice d’agence en octobre de la même année avaient alors incité les dirigeants à prendre des mesures en lançant une consultation interne, où le recours à des vigiles au sein des agences avait été envisagé.
Hier sur le plateau de LCI, la ministre du Travail a commenté cette situation en affirmant qu’il s’agissait d’une confusion choquante, tout en pointant du doigt les syndicats qui, selon elle, ont alimenté cette polémique.
Francine Royon, secrétaire régionale CGT Pôle Emploi Île-de-France, a fait savoir auprès de France 3 son scepticisme sur le concours de circonstances décrit par la direction.

"La première partie du “plan de sécurité” nous a été annoncée au lendemain du drame de Valence. Mais la deuxième, on nous l'a annoncé le même jour que celui où on nous a précisé la modification du mode de calcul du salaire journalier de référence pour les usagers. Cela veut dire que la direction reconnaît elle-même, en présentant les deux sujets en même temps, qu'il y a un risque de contestation et de colère de la part des usagers qui peut émerger. La poursuite du plan sécuritaire nous a été présentée hier, veille de l'application de la réforme. C'est un concours de circonstances… mais qui va un peu loin pour n'être qu'un concours de circonstances".

Réactions politiques

Clémentine Autain, députée La France Insoumise, a affirmé que ces boîtiers avaient été commandés en prévision des situations de détresse qui seront créées par cette réforme.
Le député LREM Gilles Le Gendre se félicite quant à lui de sa mise en application et affirme qu’elle s’inscrit dans l’action forte et cohérente du gouvernement depuis 2017.
Un tweet qui a suscité l’incompréhension des internautes, qui lui ont répondu "ne pas avoir la même définition de ce qui est juste", mais aussi affirmé "que les demandeurs d’emploi sont tellement contents que vous êtes obligé d’équiper les agents de bracelets électroniques".
Un avis partagé par Guillaume Champeau, le fondateur de Numerama. Il affirme de son côté que la réforme de l’assurance chômage est à ce point bonne que Pôle Emploi équipe ses agences de bracelets d'alerte au cas où des chômeurs débarqueraient furieux dans les agences.
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