Ce que l’on sait sur l’ex-gendarme ayant avoué être le tueur en série "le Grêlé"

© AFP 2022 SAMEER AL-DOUMYUn gendarme français
Un gendarme français  - Sputnik Afrique, 1920, 01.10.2021
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L’une des plus vieilles enquêtes de France, celle sur trois meurtres et six viols commis par "le Grêlé" entre 1986 et 1994, est enfin élucidée. François Verove, ancien gendarme, a reconnu "être un grand criminel" dans un courrier écrit avant qu’il se donne la mort. L’analyse de son ADN l’a ensuite identifié comme l’auteur de ces crimes.
Un ancien policier et gendarme a été retrouvé mort dans un appartement du Gard, où il avait laissé une lettre d’aveux pour déclarer avoir été un tueur de série recherché depuis 35 ans. Quelques heures plus tard, l’analyse de son ADN a permis de l’identifier comme "le Grêlé", l’individu dont les traces avaient été retrouvées sur plusieurs lieux de crime, selon les informations du Parisien.
C’était l’une des plus vieilles affaires non élucidées de la Direction régionale de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris (DRPJ Paris). Commis entre 1986 et 1994, trois meurtres et six viols avaient été attribués à un individu surnommé "le Grêlé" en raison des imperfections de son visage.
Parmi les victimes de François Verove, âgé de 59 ans, figure Cécile Bloch, 11 ans, violée et tuée en mai 1986 dans le XIXe arrondissement de Paris. Deux autres personnes de 38 et de 20 ans avaient été toutes deux tuées le 29 avril 1987. Les enquêteurs avaient pu extraire de l’ADN sur un mégot de cigarette et un tampon hygiénique retrouvés sur cette seconde scène de crime, précise le quotidien.

Qui est François Verove?

L’homme a été actif à la Garde républicaine de 1983 à 1988, qu’il a ensuite quittée pour ingérer les rangs de la police.
Selon les informations de Midi Libre, il était motocycliste à la brigade motorisée de la police à Montpellier avant d'être en maladie puis mis à la retraite.
Retraité depuis quelques années, François Verove a longtemps vécu à Prades-le-Lez, près de Montpellier. Dans cette commune de 5.000 habitants, il avait même siégé au conseil municipal après y avoir été élu en 2014.
"Il était sur la liste en 2014, mais il n'était pas en position de siéger, puis il y a eu des démissions, et il a intégré le conseil en 2019. Il n'avait pas de fonction particulière, si ce n'est qu'il aimait bien tout ce qui est réseaux sociaux, il s'occupait notamment de la communication de la liste", rapporte à Midi Libre Jean-Marc Lussert, l’ancien maire.
Il rapporte que François Verove avait fait construire une maison pour lui et sa femme. Après avoir fait un accident de moto, "il marchait avec une canne", était incapable de rester debout longtemps. "Je lui ai proposé d’être sur la liste, il a réfléchi, puis il a accepté", poursuit l’ex-édile en précisant que cet ancien agent était "plutôt de droite tendance gaulliste".
En réagissant à son identification en tant que criminel, M.Lussert n’a pas caché sa stupeur:
"Ça fait froid dans le dos, rétrospectivement, moi qui ai travaillé avec lui, je n'ai jamais eu d'indice qui aurait pu me laisser penser qu'il était dangereux... C'est extrêmement grave si ses instincts s'étaient ravivés, qu'est-ce qu'il se serait passé?".

La lettre posthume

Même s’il n’a pas donné aucun détail sur ses victimes ni sur les circonstances des crimes, il a reconnu être "un grand criminel qui a commis des faits impardonnables jusqu’à la fin des années 1990". Tels sont ses derniers mots griffonnés sur un papier retrouvé dans un appartement de location du Grau-du-Roi, détaille le quotidien.
En avouant qu’il n’était pas "bien dans sa vie" à l’époque des faits, il a affirmé s’être "pris en main" et avoir suivi un traitement. Il a déclaré n’avoir "rien fait depuis 1997", soit depuis la rencontre avec sa femme avec laquelle il a eu deux enfants, poursuit Le Parisien. Le dernier crime qui lui est imputé date de 1994.

Déroulement de l’enquête

Les enquêtes ont d’abord été menées séparément par plusieurs équipes, a indiqué Dominique Rizet, consultant police-justice de BFM TV. Les investigations ont été relancées ces derniers mois, partant de la supposition que le coupable pouvait être un membre des forces de l’ordre.
En effet, "le Grêlé" utilisait des termes policiers, une carte d’un membre des forces de l’ordre, des menottes lors de la réalisation de ses crimes. En plus de cela, il avait avoué être "moniteur de colonie à la gendarmerie". Tous ses éléments ont permis aux investigateurs de privilégier la piste d’un gendarme et de convoquer près de 800 militaires, possibles suspects, ayant exercé leurs fonctions en région parisienne à l’époque précise Le Parisien.
Après l’audition, ils devaient être soumis à un prélèvement ADN. Le quotidien suggère que cette perspective d’être reconnu coupable a conduit François Verove à se donner la mort.
Ayant manqué l’audition à laquelle il était convoqué, il a quitté son domicile trois jours avant son suicide. Il a également vidé ses comptes bancaires.
"Pour les victimes, cet épilogue est à la fois une satisfaction et un déchirement, a noté auprès du Parisien Me Didier Seban, l’avocat de la famille de Cécile Bloch et d’une femme ayant subi un viol. C’est positif de voir que cette enquête est en passe d’aboutir, mais décevant de voir que l’homme suspecté d’être le Grêlé a mis fin à ses jours. Les familles ont aussi la crainte que l’enquête s’arrête là".
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