Le militant antiraciste Taha Bouhafs condamné pour injure raciste contre la policière Linda Kebbab

© SputnikTaha Bouhafs devant le tribunal de Créteil, le 11 mai 2021
Taha Bouhafs devant le tribunal de Créteil, le 11 mai 2021 - Sputnik Afrique, 1920, 28.09.2021
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Condamné à une amende de 1.500 euros pour une injure raciste envers la policière Linda Kebbab proférée en juin 2020, le journaliste et militant antiraciste Taha Bouhafs devra verser 2.000 euros de dommages et intérêts à la victime, selon la décision rendue ce 28 septembre par le tribunal correctionnel de Paris.
Le tribunal correctionnel de Paris a rendu ce 28 septembre son jugement sur l’affaire Taha Bouhafs. Le militant antiraciste a été reconnu coupable d'injure raciste envers la policière Linda Kebbab, selon les informations du Figaro.
Le journaliste devra donc s'acquitter d'une amende de 1.500 euros et payer 2.000 euros de dommages et intérêts à la policière en question.
C'est en juin 2020 que Taha Bouhafs avait utilisé, dans une publication sur Twitter, l'expression d'"Arabe de service" contre Linda Kebbab, déléguée nationale du syndicat SGP Police-FO.
Réagissant à l'annonce de la condamnation de Taha Bouhafs, Mme Kebbab a fait savoir qu'elle n'avait pas réclamé de dommages, et qu'ils seront donc versés "entièrement à des œuvres sociales pour des familles de policiers".
Auprès du Figaro, l'avocat de la policière Me Thibault a qualifié cette décision judiciaire de "logique et importante".
"Logique car le tribunal a confirmé sa jurisprudence. Et importante car Monsieur Bouhafs, militant muni d'une carte de presse, a tenté d'obtenir de la justice une définition du racisme conforme à l'idéologie indigéniste. Il était donc essentiel que les magistrats gardent le cap face à une idéologie dont l'objectif est de fracturer la société française. Ma cliente est particulièrement heureuse de cette décision car les propos de Monsieur Bouhafs l'avaient très profondément affectée", a-t-il estimé.
Les faits remontent ainsi au mois de juin 2020, après une manifestation interdite contre les violences policières liée à l'affaire Adama Traoré, mort en 2016 après son interpellation par des gendarmes. Sur les ondes de Franceinfo, Linda Kebbab avait déclaré que la mort du jeune homme n'avait "absolument rien à voir, ni dans son histoire, ni dans son fond, ni dans sa technicité" avec celle de George Floyd, tué aux États-Unis en 2019 lors de son interpellation violente par un policier.
Cette prise de position a suscité l'attaque verbale de Taha Bouhafs qui a eu recours à l'expression "Arabe de service", qu'il a par la suite qualifiée de "maladroite". "Ce n’est pas à sa qualité d’Arabe que Linda Kebbab est renvoyée", mais à une "qualification politique" d’une syndicaliste qui, en instrumentalisant ses origines, défendrait "une institution raciste", précisait alors l'avocat de Taha Bouhafs, Me Alimi.

Soutien déclaré à Linda Kebbab

Suite au jugement rendu ce mardi, la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse a exprimé son soutien à Linda Kebbab, de même que le syndicat majoritaire des Cadres de la Sécurité intérieure (SCSI).
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