L’armée américaine estime que les talibans "restent une organisation terroriste"

© AP Photo / Charles DharapakLe Pentagone
Le Pentagone - Sputnik Afrique, 1920, 28.09.2021
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Deux militaires du Pentagone ont traité les talibans* de groupe terroriste au cours de leur audition devant le Congrès US suite à la fin des opérations en Afghanistan. Alors même que le nouveau pouvoir là-bas cherche à établir des liens avec la communauté internationale et a déposé une requête auprès des Nations unies.
Bien que le nouveau gouvernement des talibans* tente de prendre sa place dans la communauté internationale et demande d’avoir son représentant auprès des Nations unies, ceux-ci n'ont jamais renié Al-Qaïda*, martèle Mark Milley, chef de l’état-major des États-Unis ce mardi 28 septembre, lors de son audition devant le Congrès sur le retrait des troupes américaines d'Afghanistan.
"Nous ne devons pas oublier que les talibans* étaient et restent une organisation terroriste, et ils n'ont toujours pas rompu les liens avec Al- Qaïda*. Je n'ai aucune illusion concernant à qui nous faisons face. Il reste à voir si les talibans* peuvent ou non consolider le pouvoir ou si le pays se fracturera encore en guerre civile. Mais nous devons continuer à protéger les États-Unis et leur peuple contre les attaques terroristes en provenance d'Afghanistan", détaille Mark Milley.
En outre, au cours du témoignage, Lloyd Austin, secrétaire à la Défense, a évoqué l'accord de Doha comme principale cause de la défaite des soldats afghans.
"L'accord de Doha avec les talibans* a eu un effet démoralisant sur les forces afghanes et a été l'une des raisons pour lesquelles elles ont été vaincues par le groupe terroriste", déclare-t-il.
Il a également ajouté que les États-Unis n'avaient pas anticipé pas l'effet de boule de neige causé par les accords que le commandant des talibans* a conclus avec des dirigeants locaux dans le sillage de l'accord de Doha, pas plus que leur effet démoralisant sur les troupes afghanes.

Des signes d’activités terroristes

Plus tôt en septembre, la Central Intelligence Agency (CIA) avait déclaré qu'elle remarquait des signes avant-coureurs qu'Al- Qaïda* pourrait se regrouper dans l'Afghanistan des talibans*.
Le chef d’Al-Qaïda*, Ayman al-Zawahiri, est apparu dans une vidéo célébrant le 20e anniversaire des attentats du 11-Septembre, rapporte Associated Press qui se réfère au SITE Intelligence Group, une ONG américaine de surveillance des sites djihadistes.
Dans une interview accordée le 12 septembre à la chaîne CBS, l’ancien directeur adjoint de la CIA, Michael Morell, avait avancé qu'Ayman al-Zawahiri se trouvait en Afghanistan.
"C’est notre avis, ce qui signifie que les talibans* donnent asile désormais al-Zawahiri. Les talibans* donnent asile aujourd'hui à Al-Qaïda*", détaille-t-il.
Qui plus est, les États-Unis ne sont pas les seuls à avoir déjà averti de possibles attentats futurs de la part des groupes terroristes établis en Afghanistan. Le retrait des troupes américaines aura "encouragé et enhardi" les extrémistes, aussi une attaque au Royaume-Uni est une menace "réelle et durable", avait auparavant estimé le chef du renseignement intérieur britannique, Ken McCallum, sur la BBC. Il avait alors affirmé que les services de sécurité britanniques craignaient que les djihadistes puissent se regrouper et planifier des opérations sophistiquées visant la Grande-Bretagne.
Tout cela en contradiction des déclarations de Joe Biden qui avait insisté début septembre sur le fait que les États-Unis avaient rempli leur mission en Afghanistan en neutralisant Al-Qaïda*. En opposition à un rapport des Nations unies indiquant que l'organisation terroriste était présente dans 15 provinces afghanes.

Le retrait des forces US

Les ultimes militaires américains ont quitté l'Afghanistan fin août après une mission de près de 20 ans. Leur retrait a eu lieu conformément à l'accord signé l'année passée entre l'administration présidentielle américaine et les talibans*.
Le 15 août 2021, ces derniers avaient annoncé avoir pris le contrôle de la capitale, Kaboul, et déclaré la fin de la guerre et leur avènement.
Dans le contexte actuel, de nombreux États préfèrent faire preuve de prudence quant à la reconnaissance du nouveau gouvernement, craignant qu’il ne fasse volte-face sur divers engagements. Londres affirme ainsi qu'il jugera les nouvelles autorités sur leurs actions, et le service de sécurité britannique pronostique une augmentation des risques et des difficultés à venir.
En outre, le ministre français des Affaires étrangères a déclaré le 12 septembre sur France 5 que la France "refus[ait] de reconnaître et d'avoir quelque relation que ce soit avec ce gouvernement".
*Organisation terroriste interdite en Russie
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