La présence d’avions de guerre chinois près de Taïwan rend la petite île fébrile

CC0 / rhk111 / Liaoning Exercise in the West PacificUn chasseur chinois J-15 à bord du porte-avions Liaoning (archive photo)
Un chasseur chinois J-15 à bord du porte-avions Liaoning (archive photo) - Sputnik Afrique, 1920, 24.09.2021
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Alors que Taïwan a déposé mercredi sa demande d'adhésion à l'accord de libre-échange transpacifique, suscitant le mécontentement de la Chine, l’armée taïwanaise a constaté la présence d’avions militaires chinois près de l’île. Les autorités locales dénoncent une tentative d’"intimidation" de Pékin.
Nouvelle escalade des tensions entre la Chine et Taïwan. Jeudi 23 septembre, le ministère taïwanais de la Défense a accusé Pékin d’avoir envoyé 24 avions militaires vers l’île. Selon le ministère, qui a publié une carte montrant les trajectoires des vols, il s’agit de bombardiers et de chasseurs de l'Armée de libération du peuple, mais aussi d’avions de détection et de commandement.
Si les avions ont volé dans la zone d’identification aérienne (ADIZ) de Taïwan, ils n’ont pas franchi l'espace aérien de l’État insulaire, qui a néanmoins déployé ses systèmes de missiles de défense antiaérienne et a averti par radio la population.

Une "intimidation"?

Alors que l’armée taïwanaise fait presque quotidiennement état de la présence d’avions chinois à proximité de l’île, jeudi leur nombre était particulièrement important. Un évènement que la diplomatie taïwanaise lie au fait que Taïwan se soit porté candidat au Partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP), pacte de libre-échange le plus important de la région.
"L'île devrait être en mesure de faire ses propres choix quand il s’agit de questions telles que rejoindre un accord commercial international […]. Le gouvernement chinois ne cherche que l'intimidation de Taïwan dans la communauté internationale et est responsable des tensions accrues", estime le ministère.
Pékin, qui a soumis sa propre candidature d'adhésion au CPTPP la semaine dernière, a fait part de sa ferme opposition à la candidature de Taïwan.
"Nous nous opposons fermement aux échanges officiels entre tout pays et la région de Taïwan, et nous nous opposons fermement à l'adhésion de Taïwan à tout traité ou toute organisation officiels dans la région", a prévenu le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, lors d'une conférence de presse.

Visite d’une délégation française?

L'ambassade de Chine en France a protesté le 23 septembre contre la prochaine visite sur l’île d’un groupe de sénateurs français, révélée le 20 septembre par La Lettre A. Selon le journal, la délégation est dirigée par Alain Richard, qui préside le Groupe d’amitié taïwanais du Sénat français, et comprend aussi les sénateurs André Vallini, Max Brinsson, ainsi qu’Olivier Cadic. Leur voyage est prévu du 4 au 11 octobre.
L’ambassade rappelle "le principe d’une seule Chine" qui prévoit que les autres pays doivent "s’abstenir de toute forme de contact officiel avec les autorités taiwanaises".

"Le Sénat français est une institution étatique majeure de la République française. Les sénateurs ont un statut officiel et sont censés appliquer strictement la politique officielle de l’État français. Une visite des sénateurs français à Taïwan en prenant des contacts officiels avec les autorités taïwanaises, sous quelque nom que ce soit, constituera une violation grave de la politique d’une seule Chine appliquée par l’État français et sera exploitée par les "forces indépendantistes de Taïwan"", poursuit le communiqué.

Selon les diplomates chinoises, cette visite porterait atteinte "non seulement aux intérêts fondamentaux de la Chine et aux relations sino-françaises, mais aussi, en fin de compte, à l’image et aux intérêts de la France".
De son côté, la porte-parole du ministère taïwanais des Affaires étrangères, Joanne Ou, a déclaré mardi que le gouvernement salue "avec enthousiasme" cette visite dont des détails doivent encore être réglés.
Ancien ministre de la Défense, Alain Richard a déjà dirigé des délégations sur l'île en 2015 et 2018 et a initié une résolution adoptée en mai par le Sénat soutenant la participation de Taïwan à plusieurs organisations internationales. Il a indiqué en mars que le but principal de la prochaine visite était de voir les progrès économiques de l’île et comment l’État insulaire avait géré la pandémie de Covid-19.
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