Rupture avec Valneva: le ministre britannique de la Santé nuance ses propos suite à un tollé

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Une infirmière prépare une injection - Sputnik Afrique, 1920, 21.09.2021
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Le ministre britannique de la Santé a dû rectifier ses propos concernant la résiliation du contrat avec Valneva, concepteur français d’un vaccin anti-Covid, accusé d’avoir "manqué à ses obligations". Assumant "son erreur", Londres s’est repris sur le fait que la compagnie n’ait pas encore obtenu l’aval du régulateur.
Le 13 septembre, le laboratoire français Valneva a annoncé avoir reçu un avis de résiliation de la part du gouvernement britannique concernant l'accord de précommande de 100 millions de doses de son vaccin anti-Covid actuellement en phase 3 des essais cliniques.

"Le gouvernement britannique prétend de plus que Valneva a manqué à ses obligations, ce que Valneva conteste vigoureusement", a fait savoir la société, sans donner plus de précisions.

"Une décision désastreuse"

La décision a provoqué un tollé chez certains députés, surtout écossais, car l’usine de Valneva se trouve à Livingston, en Écosse. Ils mettent en avant le manque de clarté et de communication de la part des autorités.
"Face à la déclaration du ministère de la Santé aujourd'hui, j'ai interpellé le secrétaire d’État afin qu’il explique pourquoi le gouvernement britannique a décidé d'annuler le contrat avec la société Valneva — qui devait produire des vaccins pour le Royaume-Uni dans son usine de Livingston — avant même la fin des essais, menaçant des emplois en Écosse", a twitté le 14 septembre Martyn Day, député d’une circonscription écossaise de Linlithgow et d’East Falkirk.
Le 14 septembre, en pleine séance parlementaire, Hannah Bardell, députée d’une circonscription écossaise de Livingston où se trouve l’usine de Valneva, a interpellé Sajid Javid, ministre de la Santé, sur sa décision.

"Vous pouvez imaginer leur choc [de Valneva] et le mien que leur contrat pour produire 100 millions de vaccins ait été annulé presque sans préavis ou consultation. Et pour aggraver encore ce choc, il apparaît qu’il y a eu peu de transparence sur le raisonnement […]. C'est une façon choquante de traiter une entreprise qui travaille sans relâche sur un vaccin ", s’indigne la députée, appelant les autorités à "repenser cette décision désastreuse".

Le ministre a alors répondu à l’élue: "Il y a des raisons commerciales pour lesquelles nous avons annulé le contrat, mais il était également clair à nos yeux que le vaccin en question n'obtiendrait pas l'approbation de la MHRA ici au Royaume-Uni et évidemment, la MHRA ne recommande pas que nous administrions des vaccins non homologués".

Demande d’excuses à Valneva

Mais la députée ne s’est pas satisfaite de la réponse de Sajid Javid, d’autant plus que le gouvernement n’a, en temps normal, pas la compétence de trancher des décisions, non encore prises, des régulateurs pharmaceutiques indépendants.
Le 16 septembre, par écrit, Hannah Bardell a demandé au ministère de clarifier ses propos, "totalement infondés". Dans sa lettre, elle cite Adam Finn, un responsable des essais de phase 3 de Valneva qui assurait que la démarche du laboratoire vers l’homologation de son candidat vaccin était toujours en cours.
"Je vous demande de corriger immédiatement vos propos et de retirer vos commentaires tout en présentant des excuses à Valneva", conclut-elle.

Le ministre nuance ses propos, mais maintient sa ligne

Le 17 septembre, Sajid Javid a assumé son "erreur" et apporté une "réponse correcte", publiée sur le site de Parlement. Néanmoins, le ministre de la Santé s’est repris uniquement sur le fait que la compagnie n’ait pas encore obtenu l’aval du régulateur. En effet, il réitère sa supposition que Valneva "ne devrait pas" obtenir l’homologation du régulateur britannique.

"Il y a des raisons commerciales pour lesquelles nous avons annulé le contrat […], mais il était également clair pour nous que le vaccin en question développé par l'entreprise n'avait pas encore obtenu l'approbation de la MHRA ici au Royaume-Uni, et ne devrait pas [l’obtenir], et évidemment, la MHRA ne recommande pas que nous administrions des vaccins non homologués", peut-on lire la réponse corrigée, n’apportant pas plus de détails sur le sort de l’homologation du vaccin de Valneva.

Le vaccin en question

Le médicament de Valneva est produit à Livingston, en Écosse. Le laboratoire a mis au point un vaccin à virus désactivé, une technologie jugée plus classique que l'ARNmessager, et qui sert notamment pour les vaccins contre la grippe.
D’après son communiqué du 13 septembre, la société va poursuivre son plan de développement du vaccin. "Les résultats de phase 3 sont attendus au début du quatrième trimestre […]. Ces résultats feront partie de la soumission progressive du dossier de demande d’autorisation conditionnelle du vaccin auprès de l’agence de santé britannique MHRA", informe la société de biotechnologies française.
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