«Tout se joue dans les 15 jours à venir»: Alain Fischer sur une possible 4e vague de Covid-19

© AP Photo / Olivier ChassignoleUne infirmière prépare une dose de vaccin AstraZeneca
Une infirmière prépare une dose de vaccin AstraZeneca - Sputnik Afrique, 1920, 04.07.2021
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Mettant en garde ceux qui ne veulent toujours pas se faire immuniser, le Monsieur Vaccin du gouvernement Alain Fischer appuie sur l’importance de cet acte pour se protéger avant une rentrée menacée par une potentielle quatrième vague de coronavirus.

Alors que le taux de vaccination en France s’élève à 50%, le gouvernement veut atteindre de meilleurs résultats pour la rentrée. Cependant, selon le président de la stratégie vaccinale Alain Fischer, «les taux projetés sont insuffisants pour contrôler le virus et atteindre une immunité de groupe».

«Il restera des infections, des hospitalisations, des entrées en réanimation et des décès. Avec potentiellement des conséquences en matière de restrictions: fermetures d'établissements scolaires, reconfinement…», juge-t-il ce 4 juillet dans les colonnes du Journal du Dimanche.

Il insiste sur le fait que la tranche de population des 18-45 ans, qui préfèrent attendre, «commettent une erreur»:

«En se vaccinant aujourd'hui, on est protégé pour la rentrée. C'est-à-dire au moment où les modélisateurs craignent une quatrième vague liée à la fois au variant Delta, à la reprise des contacts, à la rentrée scolaire, au climat plus favorable au virus. Donc tout se joue dans les quinze jours à venir.»

Ainsi, M.Fischer juge qu’en termes de progression de la campagne de vaccination, «la bataille sera plus difficile pour les 18-40 ans» dont la proportion vaccinée est de 45% aujourd’hui et doit s’élever à 60-70% au final d’après les projections.

Par ailleurs, les autorités se donnent pour objectif d’immuniser vers la fin août 85% des personnes de plus de 50 ans et des adultes atteints de comorbidité, ainsi que 75% des adultes avec au moins une dose.

«Principe de responsabilité et d'exemplarité»

Pour faire face à la propagation du variant Delta, le gouvernement envisage de rendre la vaccination obligatoire parmi le personnel soignant, une mesure soutenue par M.Fischer.

«Pour ces professionnels, on a atteint ce point de dernier recours», explique-t-il. «Moins de 60% de couverture dans les Ehpad, 64% dans les hôpitaux, cela reste clairement insuffisant. […] Certains sont encore dans l'attente ou la réflexion. Ils doivent le faire pour eux mais aussi pour protéger les patients. C’est un principe de responsabilité et d'exemplarité.»

Quant à la possibilité d’appliquer des sanctions pour ceux qui s’y opposent, M.Fischer tient à souligner que «l’idée n’est pas de stigmatiser».

«J'espère qu'on n'en arrivera pas là. Il faut mettre en route la machine avec une grande campagne, sans agressivité.»

Alors que le variant Delta est particulièrement présent dans le département des Landes, le directeur général de l’ARS de Nouvelle-Aquitaine a prévenu le 3 juillet qu’il se répandrait au niveau national.

«Toute personne non vaccinée sera contaminée par le variant Delta», même les gens «qui ont été malades avec une précédente souche du virus», a jugé Benoît Elleboode sur le plateau de BFM TV.

Problème des «antivax»

Le président de la stratégie vaccinale est en outre revenu sur la nécessité d’inoculer deux doses. Une seule «ne suffit pas»:

«C’est démontré à l'égard du variant Delta. Une seule injection protège à 50 ou 60%. Avec deux doses, c'est 90%.»

Même si certains jugent l’idée d’atteindre l’immunité de groupe impossible, M.Fischer est sûr qu’«il ne faut pas se décourager» pour atteindre ce «Graal». 

«Plus on se rapproche des 90% de la population vaccinée, mieux c'est. Le bénéfice d'une couverture partielle est déjà prouvé. Les personnes âgées en Ehpad ne meurent plus. […] Et la baisse des hospitalisations permet de soigner tous les autres malades.»

Quant aux personnes anti-vaccins, ils ne représentent qu’un «tout petit noyau», croit Alain Fischer.

«Face à eux, il n'y a rien à faire. Le plus important, c'est de convaincre ceux qui attendent et s'interrogent. Au début de l'épidémie, un Français sur deux disait hésiter. Aujourd'hui c'est 20%. Cela me rend optimiste. On peut espérer qu'ils ne seront bientôt plus que 10%!»
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