Évacués des jardins d’Éole, les toxicomanes errent dans les rues adjacentes sans aucune prise en charge

© SputnikLes fumeurs de crack se regroupent autour de la grille des jardins d’Éole, le 30 juin 2021
Les fumeurs de crack se regroupent autour de la grille des jardins d’Éole, le 30 juin 2021 - Sputnik Afrique, 1920, 01.07.2021
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Depuis l’expulsion des toxicomanes des jardins d’Éole, le problème est loin d’être résolu. Faute d’endroit vers lequel être dirigés, les consommateurs de crack, parfois agressifs, errent dans les rues environnantes sans aucune prise en charge, selon un témoignage que Sputnik a recueilli sur place.

Les jardins d’Éole à Paris, squattés depuis des semaines par des consommateurs de crack, ont été évacués dans la nuit du 29 au 30 juin.

Le lendemain de cette évacuation sous tension, des riverains des XVIIIe et XIXe arrondissements ont pu constater que des dizaines de consommateurs de crack s’étaient dispersés dans les rues avoisinantes et que le problème n’avait pas été résolu.

«Comme on s’y attendait, toutes les rues adjacentes au parc sont prises d’assaut […]. Ils sont en errance, un peu perdus, assez agressifs […], ils sont en manque. On a beaucoup de témoignages de riverains qui ont esquivé des coups, qui se sont pris des coups, des insultes», confie à Sputnik Audrey, une riveraine.

​Selon elle, les dealers continuent à vendre des drogues «sous le nez de la police».

Aucune prise en charge

Pour l’instant, aucune prise en charge n’est prévue pour ces toxicomanes, expulsés du parc. Pourtant, l’accompagnement psychologique, médical, social et les démarches d’insertion de ces personnes faisaient partie des revendications des habitants du quartier.

«Certes, numéro un, c’est de récupérer le parc, mais ça allait comme une conséquence logique, une prise en charge de ces toxicomanes», avance l’habitante en ajoutant que pour le moment rien n’est fait.

La maire Anne Hidalgo, qui s’est rendue sur place le 30 juin, plaide toujours pour une prise en charge de ces individus, avec l’ouverture d’un lieu pour les accueillir et les traiter. Elle a réitéré que seule une «approche globale» associant lutte contre le trafic et prise en charge des toxicomanes peut résoudre la situation et que la ville est prête à «mettre en place un maillage territorial métropolitain de lieux d’accueil, d’accompagnement et de consommation encadrée pour les usagers de crack».

​​Zone de non-droit

Dans la nuit du 29 au 30 juin, sous protection policière, des agents de sécurité ont dispersé les toxicomanes, avant de refermer les grilles. Le 30 juin, le parc est redevenu accessible aux habitants. Le 1er juillet, selon une journaliste de BFM TV sur place, les toxicomanes avaient migré quelques dizaines de mètres plus loin, mais restaient aux environs du parc.

Depuis plusieurs mois, le quartier de Stalingrad, puis les jardins d’Éole restent occupés par des consommateurs de crack. À maintes reprises, les riverains ont dénoncé une zone de non-droit. Récemment un enfant de deux ans a été agressé par une toxicomane bipolaire, puis les toxicomanes avaient été visés par des tirs de mortiers d’artifice.

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