Le coronavirus, un booster pour le numérique

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L’épidémie de coronavirus a été requalifiée en pandémie le 11 mars, le nombre de cas ne cesse de croître et la panique s’installe au sein des populations, entraînant de nombreux problèmes. Entre les aléas du confinement et la saturation des centres d’appels d’urgence, des solutions se développent grâce notamment au numérique.

Le COVID-19, c’est dorénavant 137.000 contaminés, plus de 5.000 morts et près de 69.700 personnes guéries à l’échelle mondiale. L’Organisation mondiale de la santé a requalifié l’épidémie en pandémie ce mercredi. À travers le monde, des institutions entières se voient fermées, des populations sont confinées, les centres d’appels d’urgences sont saturés et une crise économique mondiale nous pend au nez. En attendant le traitement qui va sauver la planète, les problèmes qu’entraîne cette pandémie trouvent aussi leur lot de solutions, et ça se passe en ligne.

L’explosion de la télémédecine

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En France, alors que la barre des 2.800 contaminés a été franchie et que 61 morts sont à déplorer, les centres d’appels d’urgence sont saturés tellement la panique augmente au moindre symptôme. C’est là qu’intervient la télémédecine qui, depuis le début de l’épidémie, a fait un retour fracassant sur le devant de la scène, comme le confirme à Sputnik Ghislaine Alajouanine, présidente du Haut conseil français de télésanté:

«C’est une explosion! Quand vous aviez deux téléconsultations, maintenant, vous en avez entre 100 et 200, les gens viennent de comprendre l’apport des nouvelles technologies à la santé donc ça va aider à intégrer les innovations.»

La télémédecine, c’est faire voyager des données plutôt que les patients, déclare la présidente. À partir de capteurs, les paramètres médicaux-vitaux vont pouvoir être analysés par le médecin à distance. Un avantage de taille pour faire face aux déserts médicaux ou en période de crise sanitaire comme actuellement: le risque de contamination est réduit, les services de santé sont désengorgés et le travail des soignants est facilité.

Alors que le coronavirus souffle un vent de panique chez les citoyens, la téléconsultation permet une réponse rapide pour n’importe quelle personne, où qu’elle soit. En plus, depuis le 10 mars, un décret paru au Journal officiel rembourse toutes les téléconsultations, peu importe le médecin que vous consultez. Mais Ghislaine Alajouanine insiste sur le fait que la télésanté ne remplace pas la consultation traditionnelle, elle vient en complément d’un système de santé qui se voit soit déserté, soit au contraire débordé.

Classes suspendues mais pas l’apprentissage

La Chine, notamment Wuhan, et plus récemment toute l’Italie se sont vues confinées pour endiguer la propagation du virus. De fait, les restaurants, salles de sport, écoles, musées et autres lieux touristiques ont été fermés, les rues vidées. Conséquences: les plateformes qui proposent des services en ligne, que ce soit la livraison de courses ou de repas, les plateformes de streaming ou bien la vente en ligne ont subi une hausse de la consommation des services. Mais alors qu’Emmanuel Macron a annoncé la fermeture des écoles et universités dès le 16 mars et ce jusqu’à nouvel ordre, quel devenir pour l’éducation des enfants?

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En Chine, où les écoles ont été fermées, des cours en ligne ont été mis à disposition par le ministère de l’Éducation chinois. Dans un communiqué datant de février, il déclarait: «Les classes sont suspendues, mais pas l’apprentissage.» De fait, 22.000 cours ont été postés en ligne, de la primaire jusqu’à l’université. Concernant la France, la plateforme «Ma classe à la maison», un dispositif d’enseignement pour les écoles du primaire et du secondaire, a été prévu par les ministères de l’Éducation et de l’Enseignement. Mais certaines écoles ont déjà pris les devants, comme cette école primaire de Poissy qui, après sa fermeture, a distribué des tablettes numériques aux élèves afin qu’ils continuent leur apprentissage, selon une information du Parisien. Dans le sud, Magalie, une institutrice de Toulouse, envisage de poster des cours sur l’application dédiée à l’école en attendant des instructions plus précises. Et Emma, une élève d’une autre école de la banlieue toulousaine, explique que son professeur penserait à faire des cours avec tous ses élèves par visioconférence. Plus d’informations sont attendues ce lundi.

Le télétravail en hausse

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Face à la pandémie, et hormis la fermeture des écoles, les rassemblements de plus de 100 personnes sont dorénavant interdits en France, certaines sociétés et entreprises vont être touchées directement, forçant ainsi les salariés au télétravail. Si, depuis la grève des cheminots et de la RATP contre la réforme des retraites de fin 2019, la France a su se familiariser avec le travail à distance, la culture de certains pays ne s’y prête que moyennement comme en Chine. Michael Norris, spécialiste de la technologie en Chine pour Agency China, déclare au Monde:

«Je pense que la culture du travail n’est pas prête. Les conditions non plus: la plupart des jeunes employés vivent dans des colocations à trois ou à quatre, et travaillent sur un coin de lit, ou sur la seule table de l’appartement avec deux autres personnes.»

Face à l’épidémie, des solutions existent bel et bien et les services du numérique y trouvent leur compte. Mais au niveau global, cette pandémie va affecter des domaines qui ne peuvent compter que sur des services physiques comme le secteur du tourisme, du prêt-à-porter, la restauration ou l’hôtellerie qui seront fortement impactés au niveau économique si le virus ne cesse de s’étendre à travers le monde.

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