La présence occidentale dans les Balkans, «un trou qu'on creuse pour autrui afin d’y tomber soi-même»

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L'aggravation de la situation au Monténégro suite à l’adoption d’une loi controversée sur la liberté de religion, les tentatives d'unitarisation de la Bosnie-Herzégovine et d’élimination de facto de la République serbe de Bosnie, ainsi que l’ultimatum attendu sur le Kosovo sont les trois crises qui touchent les Balkans d’aujourd’hui.

Selon la loi sur la liberté de religion adoptée le 27 décembre au Monténégro, les lieux saints appartenant à l’Église orthodoxe serbe peuvent devenir propriété de l’État, ce qui révolte les croyants qui manifestent sous le slogan: «Nous n'abandonnerons pas nos lieux saints!». Le 11 février, Sarajevo a déclaré ses droits exclusifs aux terres arables appartenant à la République serbe de Bosnie. Le 23, le Président serbe Aleksandar Vucic a annoncé que d’ici la fin de l’année, un ultimatum serait formulé à la Serbie pour qu’elle reconnaisse le Kosovo en échange de l’adhésion à l’UE et d’un statut spécial des Serbes du Kosovo.

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L’Occident y serait impliqué

L’aggravation actuelle de la situation dans les Balkans ne s’est sans doute pas produite sans l’ingérence des forces de l’Occident qui n’ont jamais laissé cette région à elle-même, a estimé dans un entretien accordé à Sputnik Vladislav Jovanovic, ancien chef de la diplomatie yougoslave. Il a comparé ce qui se passe maintenant à «un trou qu'on creuse pour autrui afin d’y tomber soi-même».

«Ce qu’ils [les pays de l’Occident, ndlr] n’ont pas prévu dans leurs plans, c’est le facteur national qui n’est pas facile à maîtriser et qui a toujours été très dynamique dans les Balkans. Il ne cessera de resurgir et de contester leur "victoire à la Pyrrhus", ce qui va créer pour eux un problème insoluble», explique l’interlocuteur de l’agence.

Et de supposer que les États-Unis et ses partenaires se trouveraient à présent face à un mur qu’ils ne sauraient surmonter.

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«Comment peuvent-ils en effet résoudre le problème au Monténégro […] alors que ses autorités s’y opposent? Comment centraliser la Bosnie-Herzégovine sinon en violation des accords de paix de Dayton? Ce serait le début de la fin de la Bosnie-Herzégovine. Ils ne savent pas non plus comment entraîner le Kosovo dans l’Onu sans la coopération et l’aval de la Serbie, tout comme sans l’approbation de deux membres permanents du Conseil de sécurité: la Russie et la Chine», poursuit M.Jovanovic.

L’influence croissante d’autres forces dans la région

Selon l’ancien ministre yougoslave des Affaires étrangères, le désir de l’Occident de régler au plus vite les problèmes brûlants dans les Balkans pourrait s’expliquer par l’influence croissante d’autres forces dans cette région.

«Et il ne s’agit pas que des principales forces mondiales, mais aussi de forces locales, telles que la Turquie, notamment», résume Vladislav Jovanovic.
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