Lundi 3 février, des élus de la capitale ont adressé un courrier au préfet de police de Paris, Didier Lallement, pour qu’il donne des explications sur des faits qui se sont déroulés une semaine plus tôt, rapporte Le Monde. Le 28 janvier, des CRS et des pompiers se sont affrontés vers 16h30 dans le jardin Debergue-Rendez-vous, dans le XIIe arrondissement. Les forces de l’ordre avaient lancé des grenades lacrymogènes alors qu’ils se trouvaient à proximité de l’école primaire et de la maternelle Marsoulan.
Charge de CRS contre charge de POMPIERS !#Pompiers #PompiersEnColère #greve28janvier #Paris pic.twitter.com/5X2kAVT3GP
— HORS-ZONE Press ⚠️ (@HZ_Press) January 28, 2020
Merci à Patrick Bloche (@pbloche), Colombe Brossel (@cbrossel) et Catherine @Baratti_Elbaz pour leur courrier au Préfet de police à propos des affrontements entre pompiers et policiers aux abords des écoles Marsoulan (Paris 12e). pic.twitter.com/U9J5eURxgZ
— Olivier Ritz (@olivier_ritz) February 4, 2020
«Ces affrontements spectaculaires auraient pu directement impacter les élèves, alors que certains ont pu en être spectateurs à la sortie de l’école», ont écrit Patrick Bloche, adjoint à la maire de Paris, Colombe Brossel, adjointe chargée de la sécurité, et Catherine Baratti-Elbaz, la maire du XIIe arrondissement.
Ceux-ci déplorent que la préfecture de police n’ait pas adressé de réquisition à la Ville pour la manifestation des pompiers, ce qui les a empêchés de sécuriser le parcours.
Des restes de grenades retrouvés tout près des écoles
Au lendemain des faits, les traces des affrontements étaient encore bien présentes dans le square avoisinant la cour des deux écoles. Des grenades lacrymogènes MP7 et CM6 y avaient été lancées à 16h30, soit l’heure de sortie des écoles, affirme Aline Leclerc, journaliste au Monde.
Dans le square qui longe les écoles Marsoulan à Paris 12e, des restes des tensions d’hier entre Pompiers et CRS : au moins 3 grenades lacrymogènes MP7 et une CM6, qui lancent 6 à 7 palets chacunes émettant du gaz lacrymogène. Ça s’est passé à 16h30, sortie d’école. pic.twitter.com/OXflFvZFbg
— Aline Leclerc (@aline_leclerc) January 29, 2020
Les parents indignés
«Il aurait fallu se soucier de la sécurité des enfants en priorité!», s’est exclamé Olivier Ritz, responsable de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FPCE) dans les écoles Marsoulan.
«Quand je suis arrivé à 16h30 pour récupérer mon fils qui est au CP, j’ai vu des groupes de pompiers qui sortaient du cortège et des CRS qui leur donnaient la chasse […].Vous imaginez l’air qui pique et un enfant de sept ans qui a vu ça, quelle image il retient de ces policiers qui font usage de leur arme contre des pompiers?», s’est-il indigné.
Selon un autre parent interrogé par Le Monde, aucune consigne n’avait été donnée aux enfants concernant la manifestation qui se déroulait à quelques mètres de l’établissement.
La préfecture affirme ne pas être responsable de ces incidents
Contactée par le quotidien, la préfecture de police a rejeté la faute sur les manifestants, qui seraient passés par ce square en cherchant à contourner le dispositif mis en place par les forces de l’ordre. Le préfet de police Didier Lallement n’a présenté aucune excuse et n’a pas fourni davantage d’explications, selon Nicolas Bonnet Oulaldj, conseiller du XIIe arrondissement. «On parle de maintien de l’ordre? Mais c’est tout le contraire, on ne maintient pas l’ordre, on disperse les incidents dans tout le quartier!», a-t-il déploré.