Un tiers des auteurs de féminicides se donnent la mort

© Photo Pixabay/Alexas_FotosActe de violence (image d'illustration)
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Depuis le 1er janvier, 136 femmes ont été assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint. Un tiers de ces meurtriers se donnent la mort. Des actes souvent commis sans préméditation, par des hommes dépressifs, qui ôtent non seulement des vies, mais toute possibilité de jugement de leurs actes.

Le 26 septembre 2019, une femme atteinte d’Alzheimer est tuée à bout portant par son mari, lequel met ensuite fin à ses jours. Fin octobre à Périgueux, un septuagénaire tue sa compagne de 83 ans avant de se donner la mort. Le 11 novembre à la Plaine-sur-Mer, un homme tue son ex-compagne puis se pend. Cette année, les féminicides sont en hausse par rapport aux années précédentes.

Depuis le 1er janvier, ce sont au total 136 femmes qui ont trouvé une mort violente, des meurtres parfois suivis du suicide de l’auteur. L’AFP relate qu’un tiers des auteurs se donnent la mort après être passé à l’acte. Le psychiatre Roland Coutanceau qualifie le suicide de «danger des gens déprimés» et la France compte d’ailleurs le nombre de suicides le plus élevé d’Europe, d’après les chiffres de l’année 2017 du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), avec 9.000 suicides par an. Mais le psychiatre le rappelle que:

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«Le fort taux de suicide chez les auteurs de féminicide montre que dans la masse des sujets violents, certains aussi ont des fragilités, se sentent écrasés, même si ça n’excuse en rien leur violence.» 

Fragilisé, complexé, n’ayant pas la notion de contrôle, mais souhaitant tout contrôler dans la vie de celle qui partage sa vie, voilà un profil courant chez ces meurtriers. Après avoir consulté les rapports des «morts violentes au sein du couple». CheckNews a constitué le profil psychologique de ces auteurs, souvent le même: un homme entre 40 et 50 ans, sans activité professionnelle. L’acte est commis au domicile, sans préméditation. Les homicides conjugaux arrivent fréquemment lors d’une séparation ou d’une dispute, près d’un quart des cas recensés par l’AFP en 2019.

«L’auteur pense: je ne suis plus rien sans elle. Je me tue ou je la tue, ça revient au même, tout s’écroule», estime Gérard Lopez, psychiatre expert auprès des cours d’assises.

Une fois mort, l’auteur du féminicide emporte avec lui non seulement sa compagne, mais aussi la possibilité d’un jugement.

«C’est insupportable pour les familles des victimes qu’aux yeux de la société, ils restent innocents, alors que dans la plupart des cas, il n’y a pas l’ombre d’un doute sur leur culpabilité», déclare Hélène de Ponsay, vice-présidente de l’Union nationale des familles de féminicide (UNFF).
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