L’opposition encerclait le Parlement de Géorgie depuis deux jours, la police disperse les manifestants

© Sputnik . Alexandre ChlamovLes opposants ont passé la nuit devant le Parlement georgien
Les opposants ont passé la nuit devant le Parlement georgien - Sputnik Afrique
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La police a commencé à disperser les manifestants qui s’étaient réunis à l’appel de l’opposition à Tbilissi, face au Parlement géorgien, pour réclamer des législatives anticipées à la proportionnelle intégrale. Les activistes avaient bloqué toutes les entrées du Parlement afin d’empêcher le travail des députés.

Fin de partie pour les près de 20.000 manifestants qui s’étaient réunis au début du week-end devant le Parlement de Géorgie à Tbilissi? Alors qu’ils encerclaient depuis deux jours le bâtiment, la police a retiré des portes de l’Assemblée les cadenas et les chaînes accrochés la veille par les opposants et a commencé à disperser les manifestants encore présents ce lundi 18 novembre, qui n’ont à l’heure actuelle opposé aucune résistance.

Les principaux acteurs de cette controverse sont le parti d’opposition de centre droit «Mouvement national uni», fondé en 2001 par Mikhaïl Saakachvili, et le parti «Géorgie européenne –Mouvement pour la Liberté», dont le candidat David Bakradze est arrivé troisième lors des Présidentielles 2018 avec 10,97% des voix.

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Grigol Vachadze, l'ex-candidat à l'élection présidentielle géorgienne du 2018, lors d'une manifestation du 17 novembre - Sputnik Afrique
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On observe au-dessus des rangs des manifestants quelques drapeaux ukrainiens - Sputnik Afrique
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Une manifestation dans l'avenue Roustaveli, dimanche 17 novembre 2019 - Sputnik Afrique
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Une pancarte avec mention du parti au pouvoir Rêve géorgien - Sputnik Afrique
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Une pancarte détourne le nom de Bidzina Ivanichvili, chef du parti au pouvoir Rêve géorgien - Sputnik Afrique
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Des manifestants se sont installés devant le Parlement géorgien pour y passer la nuit du 17 novembre 2019 - Sputnik Afrique
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La vague de rassemblements a émergé à Tbilissi suite à l’échec du vote parlementaire, le 14 novembre dernier, de la réforme du Code électoral qui devait être mis en place dès les élections législatives de 2020. Les amendements à la Constitution géorgienne proposés au vote supposaient le remplacement d’un système électoral mixte, dans lequel les électeurs choisissaient séparément un parti et un député pour les représenter, par un système proportionnel où on ne voterait que pour un parti. À noter que selon ces mêmes amendements, tous les partis politiques avaient la possibilité d’entrer au Parlement en raison de l’absence de seuil électoral.

Pour faire passer ces modifications, au moins 113 des 150 députés auraient dû accepter la réforme constitutionnelle, mais seuls 101 députés ont voté pour ce changement. Il manquait principalement les voix des députés du parti centre-gauche libéral, favorable au rapprochement avec l’UE, «Rêve géorgien– Géorgie démocratique», actuellement au pouvoir.

Aussi, les dirigeants de toutes les forces de l’opposition ont-ils tenu des consultations et ont-ils formulé une revendication unique: la tenue d’élections législatives anticipées à la proportionnelle et la nomination d’un gouvernement de transition, avant de faire descendre leurs partisans dans la rue.

«Les manifestations en Géorgie, dues à l’échec de l’adoption d’amendements à la Constitution pourraient donner lieu à quelque chose de spontané et de dangereux, a déclaré à Sputnik Madame Nino Bourdjanadze, chef du parti d’opposition “Le Mouvement démocratique –Géorgie unie”».

Cet échec de la réforme constitutionnelle a ramené la Géorgie à une mode de fonctionnement qui a fait ses preuves au fil des ans: des manifestations de rue en mode «tous contre un», avec l’exigence d’élections législatives anticipées.

«L’avenue centrale de Tbilissi, comme on l’a déjà vu des nombreuses années auparavant, est à nouveau bloquée. Les leaders des partis d’opposition, ennemis implacables il y a quelques jours, se tiennent maintenant côte à côte et parlent d’unification. Le parti au pouvoir cherche les coupables, tandis que le citoyen ordinaire se demande ce qui se passe et comment cela va changer sa vie», observe Robinson Natchkebia, chroniqueur pour Sputnik.

Les manifestants rendent Bidzina Ivanishvili, président du parti au pouvoir, responsable de la crise actuelle. En effet, face à la pression de la rue, il a annoncé en juin dernier que le système électoral mixte serait remplacé par un système proportionnel dès 2020, bien que cette réforme ait été initialement prévue pour 2024.

Dans une interview à Sputnik, le politologue géorgien Ramaz Sakvarelidze a noté que personne ne s’attendait en Géorgie à ce que le nouveau système électoral ne passe pas au Parlement:

«Je pense qu’Irma Inachvili, l’une des leaders [du parti conservateur, ndlr.] “Alliance des patriotes de la Géorgie”, a proposé une bonne solution: présenter à nouveau le projet de loi. Bien sûr, nous devons travailler à nouveau avec la majorité et leur suggérer quelque chose pour changer leur réaction vis-à-vis du système proportionnel», a déclaré Ramaz Sakvarelidze

Après une journée et une nuit d’affrontements et d’opposition devant le Parlement, les forces spéciales sont acheminées dans les environs de l’avenue Roustaveli, où les manifestants ont refusé de dégager la chaussée et ont bloqué les entrées du bâtiment. «Les actions des manifestants devant le Parlement géorgien, au centre de Tbilissi, sont illégales», a signalé plus tôt le ministère de l’Intérieur dans un communiqué sur son site officiel. Dont acte.

Les forces spéciales ont libéré le territoire devant le parlement géorgien des tentes et des barricades d'oppostion.

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