Grand investisseur africain: il faut que des partenaires comme la France «changent leur vision de l’Afrique»

© Sputnik . Fabien EssianeUne vue du quartier Malabo II
Une vue du quartier Malabo II - Sputnik Afrique
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Isabel Dos Santos, grand investisseur et entrepreneur africain, a expliqué dans une interview à Sputnik en marge du Forum économique de Saint-Pétersbourg les perspectives des relations africaines avec la Russie, l’Europe, et les conditions de création d’un marché uni africain.

En marge du Forum économique de Saint-Pétersbourg, Isabel Dos Santos, grand entrepreneur et investisseur en Afrique, a expliqué à Sputnik l’état des relations entre ce continent et la Russie. Elle estime qu’il faut construire des ponts de rapprochement tout en faisant la promotion de la Russie en Afrique et inversement.

«Le chiffre d’affaires entre la Russie et l’Afrique en 2017 était de 17 milliards de dollars. C’est un chiffre relativement petit si l’on compare avec l’Inde qui est passé de sept milliards à 80 milliards de chiffre d’affaires en dix ans, ou la Chine avec 130 milliards. La Russie a encore un grand chemin à faire.»

Elle estime que le travail le plus long qui attend la Russie dans ce domaine est d’apprendre à travailler avec chaque pays africain indépendamment, les langues et les cultures du travail variant d’un pays à l’autre.

Sur la relation de l’Afrique et de l’Europe, la femme d’affaires dresse un constat sans appel.

«Le continent africain a traditionnellement une très forte relation avec l’Europe, cela vient de l’époque coloniale. C’est un lien naturel Nord-Sud qui existe depuis longtemps. Mais l’Afrique a beaucoup changé, elle a enregistré beaucoup de succès économiques. Ces changements demandent que des partenaires comme la France changent aussi leur vision de l’Afrique.

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«L’Europe est aujourd’hui beaucoup plus focussée sur elle-même, on voit une grande diminution des investissements par exemple français sur le continent.»

Interrogée sur la multiplication d’initiatives visant à créer des marchés communs et des unions douanières sur le continent africain, comme c’est le cas en Afrique de l’Est ou entre l’Afrique centrale et australe, Mme Dos Santos estime que la création d’un marché unique africain est un objectif à atteindre.

«Pour que l’Afrique devienne un marché uni il faut créer les infrastructures, des banques centrales, régler la question de la monnaie. Mais cela doit être un objectif, on y arrivera.»

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