Un mécanisme susceptible de guérir Alzheimer semble avoir été trouvé. L'annonce a été faite par Viatcheslav Diatchouk, auteur principal de l'étude et chercheur au Centre scientifique national de biologie marine de la Division d'Extrême-Orient de l'Académie des sciences de Russie, qui a reçu ce jeudi au Kremlin le prix 2018 du Président russe dans le domaine de la science et des innovations pour les jeunes chercheurs.
«Pour la première fois dans la science mondiale, nous avons découvert un mécanisme de spécialisation des cellules gliales dans les neurones en développement précoce — c'est un mécanisme naturel de rétablissement potentiel des neurones, particulièrement important dans le traitement des maladies neurodégénératives. Les cellules nerveuses des animaux ne se multiplient pratiquement pas. Il a été démontré sur des modèles de biologie du développement, notamment des souris transgéniques, qu'il était possible d'enclencher un rétablissement des neurones par l'utilisation d'une autre matière cellulaire encore au stade de développement précoce, et que les cellules gliales convenaient justement à ce rôle de déclencheur du remplacement des neurones perdus», explique le scientifique.
«Il est trop tôt pour parler de l'impact sur l'évolution de la maladie, mais si ce principe fonctionnait, si la découverte était réellement efficace pour l'homme, cela permettrait une guérison à 100% des maladies neurodégénératives liées à la perte de neurones. Si la glie était capable de rétablir les neurones, le problème de leur perte serait réglé. A terme, cela permettrait un rétablissement total et le retour à une vie normale des gens qui souffrent de telles maladies», indique le chercheur.
Viatcheslav Diatchouk précise que cette découverte est encore trop récente pour être brevetée, mais qu'il est prévu d'obtenir rapidement un brevet international et que la Fédération de Russie aura la priorité. Toutefois, le chercheur n'évoque pas encore les délais d'introduction de cette découverte dans la médecine car des recherches supplémentaires sont encore nécessaires.
«La prochaine étape est une étude encore plus approfondie et détaillée. Il faut des recherches supplémentaires sur les mécanismes moléculaires du passage des cellules gliales dans les neurones pour comprendre à quel point ce procédé est sûr: lors de la transplantation de ces cellules gliales, notre organisme pourrait les percevoir comme des cellules cancéreuses», note le scientifique.
«La communauté internationale a très bien réagi à cette découverte. Les chercheurs l'ont très chaleureusement accueillie. Ces informations ont été publiées dans les plus grandes revues, ce qui signifie qu'ils nous ont cru — et c'est le plus important. Désormais, la question est de savoir si la communauté scientifique mondiale décidera de développer ce thème. Je pense que oui. Quand les choses concernent la santé de l'homme, il faut de grandes études collectives indépendantes. Mais c'est déjà un fait: il existe une perspective que les cellules gliales nous aident également à corriger certains «défauts»dans le développement des systèmes nerveux aussi bien au stade précoce que chez les personnes âgées», conclut Viatcheslav Diatchouk.